500 millions pour les femmes : promesse qui interroge sur son cadre
Un fonds destiné aux activités génératrices de revenus des femmes gabonaises suscite des questions sur son cadre d'annonce partisan.
Un fonds de 500 millions de francs CFA pour soutenir les activités génératrices de revenus des femmes a été annoncé par le président Brice Clotaire Oligui Nguema lors du premier anniversaire de l'Union démocratique des bâtisseurs. Présenté comme ouvert à toutes les Gabonaises, ce fonds revient sur le devant de la scène après une motion de soutien émanant du même parti, ce qui pose la question de son cadre de gestion et de mise en œuvre.

À Libreville comme dans les quartiers populaires de Franceville ou de Lambaréné, l'annonce a fait son chemin par le bouche-à-oreille : un fonds de 500 millions de francs CFA serait bientôt disponible pour aider les femmes à monter leur petit commerce, leur atelier de couture ou leur activité de transformation agricole. Une somme qui, ramenée aux réalités du terrain, peut changer le quotidien de centaines de foyers si elle est bien répartie.
Une promesse née dans un cadre partisan
Le fonds a été dévoilé lors des célébrations du premier anniversaire de l'Union démocratique des bâtisseurs, le parti présidentiel. C'est le chef de l'État lui-même qui en a fait l'annonce, insistant sur le fait que l'aide serait ouverte à toutes les Gabonaises, sans distinction d'appartenance politique. Cette précision n'a pas suffi à dissiper les interrogations : une motion de soutien émise récemment par la même formation a remis le sujet sur la table, ravivant le débat sur la frontière entre initiative de l'État et opération de communication partisane.
Pour beaucoup de femmes engagées dans le petit commerce ou l'artisanat, la question n'est pas tant de savoir qui a eu l'idée, mais comment l'argent sera distribué. Un fonds pour les activités génératrices de revenus, ou AGR, désigne concrètement des aides destinées à financer de petits projets économiques individuels ou collectifs : achat de matériel, de stock, ou de matières premières.
Ce que les Gabonaises attendent maintenant
Aucun décret ni texte réglementaire n'a pour l'heure été rendu public pour encadrer ce fonds. Ni les critères d'éligibilité, ni le calendrier de déblocage, ni l'institution chargée de sa gestion ne sont connus à ce jour. C'est précisément ce flou qui nourrit la prudence de nombreuses observatrices de la vie associative féminine, qui réclament de la clarté avant de s'enthousiasmer.
Ce que retiennent surtout les Gabonaises qui vivent de petits métiers, c'est l'attente d'un dispositif transparent, accessible sans passe-droit ni carte de parti, et doté d'un mécanisme de suivi vérifiable. Une aide de cette ampleur, si elle se concrétise dans des règles claires et un guichet identifiable, pourrait réellement soulager des femmes qui, de Port-Gentil à Oyem, portent souvent seules le poids économique de leur foyer. Reste à voir si les prochaines annonces officielles viendront préciser le cadre juridique et le calendrier de ce fonds tant attendu.
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