792 hectares de forêt rasés par les mines en six mois
Entre janvier et juin 2026, les activités minières ont grignoté près de 792 hectares de forêt gabonaise, dont une partie hors des zones autorisées.
Les images satellites ne mentent pas : 791,55 hectares de couvert forestier ont disparu au premier semestre 2026 à cause de l'exploitation minière. La grande majorité de ces pertes se situe dans des permis en règle, mais près de 85 hectares ont été rasés hors des périmètres autorisés. Un chiffre qui interroge sur la surveillance du terrain, loin des bureaux climatisés de Libreville.

Les chiffres viennent des données de surveillance de l'Agence gabonaise d'études et d'observations spatiales, l'organisme qui scrute nos forêts depuis le ciel. Entre janvier et juin 2026, 791,55 hectares de couvert forestier ont été perdus à cause des activités minières sur le territoire national. Pour se représenter la surface, imaginez près de 800 terrains de football rasés en six mois, quelque part entre les villages du Haut-Ogooué et les concessions de l'intérieur.
La majorité des pertes reste dans les clous
Sur cette superficie totale, 706,16 hectares, soit 89,21%, ont été enregistrés à l'intérieur des périmètres des permis miniers. C'est la partie "légale" du problème : des sociétés qui exploitent là où elles en ont le droit, avec les conséquences environnementales que cela suppose. Le déboisement fait partie du jeu quand on extrait du minerai, personne ne l'ignore.
Mais c'est l'autre chiffre qui pique. 85,39 hectares, soit 10,79% du total, ont été observés en dehors des zones autorisées. Autrement dit, un empiètement sur des espaces qui ne sont couverts par aucun titre d'exploitation. Ce sont des hectares de forêt qui n'auraient tout simplement pas dû tomber.
Les petites exploitations dans le viseur
L'analyse de l'AGEOS met en évidence la forte contribution des petites exploitations à ce phénomène. Contrairement à l'image du gros industriel avec ses machines et ses autorisations en règle, ce sont souvent des sites plus modestes, plus difficiles à surveiller au quotidien, qui grignotent le couvert forestier hors des lignes tracées sur le papier.
Pour les communautés riveraines, cette réalité n'est pas qu'une statistique. C'est la forêt qui recule un peu plus près du village, le gibier qui se raréfie, les cours d'eau qui changent de couleur après une pluie. Le Gabon reste couvert à plus de 85% de forêt, une richesse rare sur le continent, mais chaque hectare perdu hors permis rappelle que la vigilance sur le terrain compte autant que les textes de loi.
Ce que ça change concrètement
Ces données de l'AGEOS ne sont pas de simples chiffres pour rapport annuel : elles permettent d'identifier précisément où et par qui la loi n'est pas respectée. C'est un outil de contrôle, à condition qu'il soit suivi d'actions sur le terrain, contrôles, sanctions, remise en état des zones abîmées. Pour les Gabonais qui vivent près de ces sites, la vraie question reste la même : qui répare, et quand.
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