Société

80 milliards investis en engins : le chantier routier gabonais change de dimension

Un groupe ivoirien réceptionne 550 engins de génie civil à Owendo pour accélérer ses travaux routiers au Gabon.

Le 14 juillet, à Owendo, le ministre des Travaux publics Edgard Moukoumbi a réceptionné un lot impressionnant : 550 engins de génie civil, achetés pour 80 milliards de FCFA par l'entreprise ivoirienne Schiba Holding. Derrière ce chiffre, une promesse concrète : des routes qui avancent plus vite, et des chantiers qui tournent enfin à plein régime.

Rangée d'engins de chantier neufs stationnés sur le port d'Owendo au Gabon
Une partie du lot de 550 engins réceptionnés à Owendo pour les chantiers routiers gabonais.

Sur le port d'Owendo, la scène a de quoi impressionner. Des dizaines de bulldozers, niveleuses, compacteurs et camions-bennes alignés côte à côte, flambant neufs, prêts à partir sur les routes du pays. 550 engins au total, pour une facture de 80 milliards de FCFA, réceptionnés officiellement en présence du ministre des Travaux publics et de la Construction, Edgard Moukoumbi.

Ce matériel n'arrive pas par hasard. Il appartient à Schiba Holding, une entreprise ivoirienne qui exécute actuellement quatre marchés routiers sur le territoire gabonais. Autrement dit : ce n'est pas un simple geste commercial, c'est le carburant logistique de chantiers déjà engagés, censés désormais avancer à un rythme soutenu.

Ce que ça change concrètement

Pour beaucoup de Gabonais, les routes ne sont pas une abstraction technique. C'est le trajet du matin pour aller travailler, la piste défoncée qui rallonge le transport de marchandises, le village qu'on rejoint difficilement en saison des pluies. Chaque engin livré, c'est potentiellement des kilomètres de bitume ou de terre stabilisée qui sortent de terre plus vite.

Quand une entreprise dispose enfin du matériel nécessaire, les retards de chantier — souvent liés à un manque criant d'équipements — se résorbent. Un parc de 550 machines, c'est de quoi faire tourner simultanément plusieurs fronts de travaux, sans attendre qu'une niveleuse termine un tronçon pour la faire voyager vers le suivant.

Un investissement qui interroge aussi sur l'emploi local

Reste une question que les habitants des zones concernées ne manqueront pas de poser : qui va conduire, entretenir et encadrer ces centaines d'engins ? Un tel parc suppose des chauffeurs, des mécaniciens, des logisticiens. Si une partie de ces postes revient à une main-d'œuvre gabonaise, l'impact dépassera largement le seul bitume : ce sont des emplois, des formations, un savoir-faire technique qui s'installent durablement.

Selon nos informations, les détails précis sur la répartition de ces emplois entre personnel local et expatrié n'ont pas encore été communiqués publiquement. C'est pourtant l'un des points que les riverains des chantiers surveilleront de près, tant l'expérience montre que la présence d'un tel parc matériel modifie durablement la vie économique d'une zone.

La suite à observer

La réception de ce matériel marque une étape, pas une fin. Les quatre marchés routiers confiés à Schiba Holding devront désormais produire des résultats visibles : tronçons livrés, délais respectés, qualité des routes construites. C'est sur ce terrain-là, celui du bitume qui tient sous les pluies et les poids lourds, que le pari de ces 80 milliards sera vraiment jugé.

Pour l'instant, l'image qui restera est celle d'Owendo, ce jour de juillet, avec ses centaines d'engins alignés comme une armée pacifique de travaux publics — prête à s'éparpiller sur les routes du Gabon.

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