Société

À 102 ans, le doyen de Koulamoutou reçoit la visite du cœur du CRACK

Une association locale a offert un peu de réconfort et des vivres à Michel Makoti, le plus vieil habitant de la commune.

Ce week-end, à Koulamoutou, une délégation du Cercle de Réflexion et d'Aide de la Commune (CRACK) s'est rendue au domicile de Michel Makoti, 102 ans. Des vivres, des mots, et surtout du temps offert à un homme qui a vu naître le Gabon indépendant.

Illustration symbolique d'une visite de solidarité à une personne âgée dans une maison de province au Gabon
Michel Makoti, 102 ans, est aujourd'hui le doyen de la commune de Koulamoutou.

Il y a des visites qui ne coûtent rien et qui valent tout. Celle-là a eu lieu ce week-end, dans une maison de Koulamoutou, chef-lieu de l'Ogooué-Lolo, où vit Michel Makoti. Cet homme de 102 ans est aujourd'hui le doyen de la commune, et c'est chez lui que le Cercle de Réflexion et d'Aide de la Commune de Koulamoutou, plus connu sous son sigle CRACK, a choisi de poser son geste de solidarité.

La délégation était conduite par Damien Madebe, président d'honneur de l'association. Sur place, pas de grand discours : des produits de première nécessité remis en main propre, et surtout une présence, celle qu'on offre à quelqu'un qu'on n'a pas oublié.

Un témoin vivant de l'histoire du pays

Ce qui frappe dans cette rencontre, selon les informations recueillies sur place, c'est la lucidité de Michel Makoti malgré le poids des années. Le centenaire suit encore, avec attention, l'évolution du Gabon depuis l'indépendance en 1960, un pays qu'il a vu grandir, changer, se transformer sous ses yeux pendant plus d'un siècle.

À Koulamoutou comme ailleurs dans le pays, les personnes très âgées sont peu nombreuses, et chacune d'elles porte une mémoire précieuse. Ces témoins directs d'un Gabon d'avant, d'un temps que les livres racontent moins bien que ceux qui l'ont vécu, se font rares. Leur écoute, quand elle est possible, vaut parfois plus que n'importe quelle archive.

Le rôle discret des associations de proximité

Le CRACK n'est pas une grande organisation nationale. C'est une structure locale, ancrée dans le quotidien de Koulamoutou, qui agit à hauteur d'homme. Ce type d'initiative, souvent invisible à l'échelle du pays, tisse pourtant un filet de solidarité essentiel dans les provinces, là où les services sociaux publics ne peuvent pas toujours tout couvrir.

Pour les familles qui ont un aîné très âgé à charge, ce genre de geste allège un fardeau réel : les vivres apportés, aussi modestes soient-ils, représentent une aide concrète dans un foyer où les revenus sont souvent limités. Et pour le doyen lui-même, recevoir une visite, sentir qu'on pense encore à lui, compte peut-être davantage que tout le reste.

Ce que cette visite dit de Koulamoutou

Ce geste raconte, à sa modeste échelle, une part de ce que le Gabon a de meilleur : une attention portée aux plus anciens, un tissu associatif vivant en province, loin des projecteurs de Libreville. Il rappelle aussi que la solidarité ne se mesure pas toujours en grandes annonces, mais en petites actions répétées, portées par des habitants qui connaissent leurs voisins et ne les oublient pas.

À Koulamoutou, Michel Makoti continue de vivre entouré des siens, avec, désormais, le souvenir d'une visite qui lui a fait du bien. Et pour le CRACK, cette rencontre confirme une vocation simple : être présent, au bon moment, auprès de ceux qui en ont besoin.

À lire aussi