Économie

À Boao, le Gabon remet l'industrialisation au centre du jeu

Une délégation gabonaise a défendu, en Australie, le projet de transformer localement les richesses minières et forestières du pays.

Le Forum de Boao pour l'Asie s'est ouvert le 27 juillet 2026 à Perth, réunissant décideurs miniers, industriels et financiers du monde entier. Le Gabon y a réaffirmé sa volonté de bâtir une véritable industrie nationale plutôt que de continuer à exporter ses matières premières brutes. Une ambition connue, mais qui reste, à ce stade, une déclaration d'intention dont les contours précis restent à préciser.

Salle de conférence lors d'un forum économique international avec plusieurs délégations
Le Forum de Boao pour l'Asie, qui réunit chaque année acteurs miniers, industriels et financiers, s'est ouvert le 27 juillet 2026 à Perth.

Un rendez-vous loin de Libreville, mais qui nous concerne

Perth, en Australie, à plus de treize mille kilomètres de Libreville : c'est là que se tenait cette année le Forum de Boao, grand-messe annuelle des acteurs miniers, industriels et financiers d'Asie et d'ailleurs. Le Gabon y a délégué une représentation pour porter un message simple : le pays veut cesser de vendre sa richesse à l'état brut.

Ce n'est pas un discours neuf. Depuis des années, Libreville répète vouloir transformer sur place son bois, son manganèse ou son fer, plutôt que de les charger sur des cargos vers des usines étrangères. Le principe est connu : chaque tonne transformée au Gabon crée des emplois au Gabon. Reste que, pour l'heure, les informations disponibles sur cette participation à Boao restent limitées à cette réaffirmation d'ambition, sans détail sur des contrats signés ou des investisseurs précis engagés.

Ce qu'il faut comprendre, concrètement

Pour un ouvrier de Moanda ou un scieur de Lambaréné, l'enjeu se résume à une question : est-ce que la matière première qui sort du sol ou de la forêt finira, un jour, par se transformer en usine plutôt qu'en simple point d'embarquement portuaire ? C'est la promesse répétée depuis l'interdiction de l'exportation des grumes non transformées, entrée en vigueur en 2010, qui avait déjà changé la donne dans la filière bois.

Le Forum de Boao sert justement de vitrine pour chercher les partenaires capables de financer cette transformation : usines, technologies, capitaux. Mais une vitrine ne fait pas une usine. Entre l'annonce à l'international et la première pierre posée sur le sol gabonais, il y a souvent plusieurs années, des négociations, des études de faisabilité.

La suite à surveiller

Aucun calendrier précis ni montant d'investissement n'a été communiqué à ce stade pour cette édition du forum. Le Crieur suivra les annonces à venir, notamment si des accords concrets — usines de transformation, création d'emplois locaux — venaient à être signés dans la foulée de ce déplacement. C'est à cette aune, et non aux discours, que se mesurera la nouvelle ère industrielle promise.

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