Culture

À l'UOB, chercheurs et Nganga dialoguent autour du sacré

Un colloque a réuni prêtres, initiés et étudiants autour des savoirs ancestraux gabonais.

Ce week-end, l'Université Omar Bongo a été le théâtre d'une rencontre peu ordinaire : chercheurs, prêtres, Nganga et étudiants se sont assis autour d'une même table pour parler d'identité, de transmission et de sacré. Un rendez-vous qui interroge la place des traditions dans le Gabon d'aujourd'hui.

Public varié assis dans un amphithéâtre universitaire lors d'un colloque sur les traditions gabonaises
Chercheurs, prêtres et initiés réunis à l'Université Omar Bongo autour des savoirs ancestraux.

Un public qui ne se croise pas souvent

Dès 11 heures, l'amphithéâtre s'est rempli d'un public inhabituel pour un colloque universitaire. Des chercheurs, des prêtres, des Nganga — ces initiés dépositaires des savoirs traditionnels — et des étudiants se sont retrouvés côte à côte, unis par une même curiosité pour un sujet aussi vaste que sensible : « Savoirs ancestraux, identité et transmission ».

Ce mélange des générations et des mondes n'a rien d'anodin. D'un côté, le monde académique, habitué aux communications savantes. De l'autre, des gardiens de traditions orales, souvent tenus à l'écart des cercles universitaires. Les faire dialoguer, c'est déjà un événement en soi.

La question qui traverse le Gabon

Le thème choisi touche à quelque chose de très concret pour beaucoup de familles gabonaises : comment transmettre aux jeunes générations des valeurs et des pratiques cultuelles qui, sans ce travail de mémoire, risquent de se diluer avec le temps.

Dans nombre de villages comme dans certains quartiers de Libreville, les rites et les savoirs liés au sacré se transmettent encore de bouche à oreille, souvent dans la discrétion. Ce colloque a tenté de sortir ces savoirs de l'ombre, en leur donnant un espace de parole publique et académique.

Ce que la rencontre pourrait changer

Selon nos informations, l'échange a permis d'aborder l'identité culturelle non pas comme un folklore figé, mais comme une matière vivante, façonnée par la résistance et l'adaptation face aux bouleversements du temps. Un sujet qui parle directement aux Gabonais soucieux de ne pas voir disparaître un héritage transmis depuis des générations.

Reste à savoir si cette initiative connaîtra une suite. Une chose est sûre : faire se rencontrer le savoir des livres et celui des anciens est une démarche rare, et précieuse, dans un pays où la transmission orale reste un pilier de l'identité collective.

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