À Lambaréné, des femmes courent et dirigent la Ma-Migovéenne
Chaque année en août, un mini-marathon réservé aux femmes fait de Lambaréné une vitrine du leadership féminin gabonais.
À Lambaréné, une course pas comme les autres réunit chaque mois d'août des femmes venues courir, mais surtout organiser, décider et porter un événement de bout en bout. La Ma-Migovéenne, portée par l'Association des Femmes Leaders du Moyen-Ogooué, dépasse le simple mini-marathon : elle raconte une autre manière de faire exister le leadership féminin au Gabon, loin des estrades et des discours.

Sur la ligne de départ, à Lambaréné, il n'y a que des femmes. Pas de dossard masculin, pas de mixité de circonstance. La Ma-Migovéenne s'est construite sur ce choix simple et net : un mini-marathon exclusivement féminin, pensé et tenu par des femmes du Moyen-Ogooué.
Une course pensée par celles qui la courent
L'idée n'est pas de faire courir des femmes sous la houlette d'organisateurs extérieurs. Ce sont elles qui pensent, organisent et portent l'événement, du choix du parcours jusqu'à la ligne d'arrivée. C'est l'Association des Femmes Leaders du Moyen-Ogooué qui porte le projet chaque année, au mois d'août, dans la ville de Lambaréné.
Cette autonomie change la nature même de la course. On n'est plus dans l'événement caritatif organisé pour les femmes, mais dans une manifestation organisée par elles, pour elles, avec ses propres règles et son propre rythme.
Le sport comme porte d'entrée du leadership
À première vue, la Ma-Migovéenne ressemble à n'importe quel rendez-vous sportif local : des baskets, un chronomètre, une arrivée. Mais la force de l'événement tient justement à ce qu'il dépasse la performance athlétique. Derrière chaque foulée, il y a une femme qui a peut-être aussi participé à monter le comité d'organisation, trouvé un partenaire local, ou convaincu une voisine de s'inscrire.
À Lambaréné, capitale du Moyen-Ogooué connue pour l'hôpital Albert-Schweitzer et son fleuve Ogooué, ce genre d'initiative locale a un poids particulier. Loin des grandes villes et de leurs projecteurs, une association de femmes qui tient un événement d'année en année, sans dépendre d'un pilotage extérieur, construit une légitimité qui se voit et qui dure.
Ce que ça change concrètement
Pour les habitantes du Moyen-Ogooué, la Ma-Migovéenne offre un espace rare : celui de décider soi-même du cadre dans lequel on s'engage, plutôt que de simplement y participer. C'est aussi une occasion, chaque année, de remettre le nom de Lambaréné sur la carte des initiatives locales portées par et pour les femmes.
L'événement reste, pour l'instant, documenté principalement à travers ses éditions successives et le travail de l'association organisatrice. Mais son ancrage annuel, dans une même ville et avec le même principe strict de non-mixité, en fait déjà un rendez-vous identifiable dans le paysage sportif et associatif du Moyen-Ogooué.
Reste que la question qui se pose désormais est celle de la suite : comment cette dynamique locale pourrait s'élargir, s'appuyer sur davantage de partenaires, et inspirer d'autres provinces gabonaises à se doter de leurs propres rendez-vous portés par des femmes, pour des femmes.
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