Société

À Ntoum, tout un quartier retrousse les manches contre les inondations

Le 3ᵉ arrondissement de la commune s'est mobilisé samedi pour nettoyer caniveaux et espaces publics avant la saison des pluies.

Samedi, les habitants du 3ᵉ arrondissement de Ntoum n'ont pas fait la grasse matinée. Élus, forces de sécurité et riverains se sont donné rendez-vous pour une grande opération de salubrité, avec un objectif clair : éviter que les eaux stagnantes ne transforment les rues en pièges après chaque grosse pluie.

Des personnes nettoient un caniveau dans une rue lors d'une journée citoyenne de salubrité à Ntoum.
Riverains et agents municipaux mobilisés pour le curage des caniveaux à Ntoum.

Une matinée de terrain plutôt que de discours

À Ntoum, commune de la province de l'Estuaire à quelques encablures de Libreville, la journée a commencé tôt. Le maire central, Zéphérine Etotowa Ntutume, a donné le coup d'envoi de cette opération citoyenne, entourée de ses adjoints et appuyée par des éléments des forces de sécurité et de défense.

Pas de longs discours ni de ruban à couper : direction les caniveaux, ces canalisations à ciel ouvert qui bordent les rues et qui, une fois bouchées par les déchets, transforment le moindre orage en petite inondation. Le curage de ces caniveaux était au cœur du dispositif.

Pourquoi ce geste compte pour les riverains

Dans beaucoup de quartiers de Ntoum comme ailleurs au Gabon, l'eau qui ne s'écoule plus est un problème du quotidien : cours inondées, routes impraticables, moustiques qui prolifèrent. Un caniveau propre, c'est une rue qui reste sèche après la pluie, et des familles qui évitent de sortir les seaux pour écoper leur salon.

Cette initiative avait un double objectif : lutter contre l'insalubrité en général, mais aussi prévenir les inondations avant l'arrivée des grosses pluies. Deux enjeux qui se rejoignent sur le terrain, puisque des déchets qui s'accumulent finissent presque toujours par boucher l'écoulement des eaux.

Le civisme, un mot qui prend forme

Au-delà du nettoyage en lui-même, l'opération visait aussi à promouvoir le civisme parmi les habitants. L'idée : que chacun se sente responsable de la propreté de sa rue, de son quartier, plutôt que d'attendre que la mairie fasse tout, tout le temps.

Ce genre de mobilisation, quand elle se répète, change concrètement le visage d'un quartier. Moins de déchets qui s'accumulent au fil des semaines, moins de points d'eau stagnante propices aux moustiques, et un cadre de vie que les habitants s'approprient un peu plus à chaque participation.

Et maintenant ?

La vraie question, comme souvent avec ces journées citoyennes, c'est celle de la suite. Une opération ponctuelle nettoie pour un temps ; c'est l'entretien régulier des caniveaux et la vigilance de chacun qui évitent le retour des inondations une fois la saison des pluies bien installée.

À Ntoum, l'élan est donné. Reste à voir si d'autres arrondissements de la commune suivront le mouvement, et si cette mobilisation deviendra un rendez-vous régulier plutôt qu'un coup d'éclat isolé.

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