Société

Alcool en sachet : la traque des boissons empoisonnées s'intensifie à Libreville

La DGCCRF multiplie les descentes sur les marchés pour saisir des alcools frelatés qui rendent malade et parfois tuent.

Sur les étals des marchés de la capitale, des sachets d'alcool bon marché continuent de circuler malgré les risques mortels qu'ils font peser sur les consommateurs. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a lancé une série de contrôles pour traquer ces boissons frelatées, avant d'étendre l'opération à tout le pays.

Sachets de boissons alcoolisées exposés sur un étal de marché
Des alcools vendus en sachet, souvent sans étiquetage conforme, sont visés par les contrôles de la DGCCRF dans les marchés de la capitale.

Un petit sachet vendu à même le sol, entre les tomates et les piments, quelques centaines de francs à peine. Pour beaucoup de Librevillois, c'est le prix d'une soirée arrosée. Mais derrière cet emballage souvent bricolé se cache parfois un poison silencieux.

La DGCCRF a engagé des opérations de contrôle dans plusieurs marchés de la capitale pour repérer et saisir ces alcools vendus en sachet, dont la fabrication et le conditionnement échappent à toute norme sanitaire. Les emballages non conformes et l'absence de traçabilité rendent impossible de savoir ce que contiennent réellement ces boissons.

Des risques qui vont bien au-delà de la gueule de bois

Les autorités alertent sur trois dangers majeurs liés à ces produits : l'addiction, favorisée par un prix cassé et une consommation facile à dissimuler, l'intoxication pouvant être mortelle, et à plus long terme le risque de cancer. Ces alcools frelatés contiennent parfois des substances chimiques jamais destinées à la consommation humaine, utilisées pour reproduire à moindre coût le goût ou l'effet de l'alcool.

Ce n'est pas un phénomène anecdotique. Dans plusieurs quartiers populaires, ces sachets sont devenus une habitude, notamment chez les jeunes, séduits par un prix imbattable et une discrétion facile — on glisse le sachet dans une poche, on le boit d'un trait, personne ne voit rien.

Une opération appelée à s'étendre à tout le pays

Les contrôles menés dans la capitale ne constituent qu'une première étape. Les autorités ont annoncé que ces opérations allaient se poursuivre sur l'ensemble du territoire gabonais, un signal fort envoyé aux vendeurs informels qui prospèrent souvent en marge des circuits commerciaux classiques.

Pour les familles, l'enjeu est très concret. Combien de foyers ont vu un proche tomber gravement malade après avoir bu ce genre de mixture, sans jamais faire le lien avec le sachet acheté au coin de la rue ? La question mérite d'être posée, tant ces produits circulent parfois sans que personne ne s'inquiète vraiment de leur origine.

Ce que ça change pour les consommateurs

Cette campagne de contrôle vise avant tout à protéger la santé publique en retirant du marché des produits dangereux avant qu'ils ne fassent davantage de victimes. Elle rappelle aussi une règle simple mais souvent oubliée : un alcool sans étiquette claire, sans marque connue et vendu à un prix anormalement bas doit alerter.

En attendant que les contrôles s'étendent véritablement à l'ensemble du pays, la vigilance reste le meilleur rempart. Vérifier la provenance d'une boisson, se méfier des sachets sans mention claire du fabricant, et signaler les points de vente suspects : autant de gestes simples qui peuvent, très concrètement, éviter un drame.

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