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Au Congo, la justice tend enfin la main aux plus vulnérables

Brazzaville lance des cliniques judiciaires de proximité pour les femmes et les personnes fragiles.

À Brazzaville, un nouveau projet veut rapprocher la justice des populations qui en sont le plus éloignées : femmes en difficulté, personnes vulnérables, habitants des quartiers loin des tribunaux. Porté par le ministère congolais de la Justice avec l'appui d'une association de femmes juristes et du Pnud, il doit essaimer dans plusieurs grandes villes du pays.

Illustration symbolisant l'accès à la justice de proximité au Congo
Le projet prévoit l'implantation de cliniques juridiques dans plusieurs villes congolaises, dont Brazzaville et Pointe-Noire.

Six villes, un même objectif

Le ministre congolais de la Justice, des droits humains et de la promotion des peuples autochtones, Aimé Ange Wilfrid Bininga, a donné le coup d'envoi à Brazzaville du projet « Accès à la justice des femmes et des personnes vulnérables ». L'initiative vient de l'Association des femmes juristes du Congo (Afjc), en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), selon des informations recoupées.

Concrètement, des cliniques juridiques communautaires vont s'installer dans les arrondissements de Brazzaville, mais aussi à Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi, Owando et Ouesso. L'idée : sortir le droit des palais de justice pour l'installer là où vivent les gens, dans des structures d'écoute et d'orientation faciles d'accès.

La justice qui va vers les gens, pas l'inverse

Dans bien des quartiers, saisir un tribunal reste un parcours d'obstacles : distance, frais, méconnaissance des procédures, peur d'être jugé avant même d'être entendu. Ces cliniques doivent servir de premier point de contact — informer, orienter, parfois désamorcer un litige avant qu'il ne s'enlise.

Les femmes en situation de précarité et les personnes vulnérables sont visées en priorité, un choix qui reflète une réalité partagée dans toute la région : ce sont souvent elles qui renoncent le plus vite à faire valoir leurs droits, faute de moyens ou d'information.

Un signal qui dépasse les frontières

Ce type de dispositif interroge, plus largement, la manière dont la justice se rend accessible aux plus fragiles en Afrique centrale. Rien n'indique, à ce stade, qu'un projet similaire soit à l'étude au Gabon, mais l'expérience congolaise pourrait servir de repère pour les acteurs de la société civile qui militent, ici aussi, pour une justice de proximité.

À ce stade, l'information repose sur une seule source disponible ; son déploiement effectif dans les six villes annoncées reste à confirmer dans les prochains mois.

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