Société

Bac 2026 : 31 détenus de la prison centrale planchent aussi

À Libreville, l'examen le plus redouté du pays s'organise aussi derrière les barreaux.

Trente et un détenus de la prison centrale de Libreville sont inscrits au baccalauréat 2026. La ministre de l'Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, s'est rendue sur place mercredi pour vérifier que tout est prêt le jour J. Une visite qui dit beaucoup sur la place que l'État veut donner à l'éducation, même derrière les murs.

Façade extérieure de la prison centrale de Libreville en plein jour
La prison centrale de Libreville accueille cette année 31 candidats au baccalauréat.

Le bac ne s'arrête pas aux grilles de la prison centrale de Libreville. Cette année, 31 détenus sont candidats à l'examen, et leur dossier a suffisamment de poids pour que la ministre d'État en charge de l'Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, se déplace elle-même sur les lieux, mercredi, pour s'assurer que tout soit carré.

Sur place, elle a voulu vérifier les conditions concrètes d'organisation des épreuves pour ces candidats pas comme les autres : où ils composeront, avec quel matériel, sous quelle surveillance, et surtout dans quelles conditions de sécurité et de dignité.

Une coopération entre deux ministères

Ce genre d'examen en milieu carcéral ne s'improvise pas. Il suppose un travail conjoint entre le ministère de l'Éducation nationale et le ministère de la Justice, avec l'appui direct de l'administration pénitentiaire, qui doit composer avec ses propres impératifs de sécurité tout en garantissant aux candidats les mêmes chances que n'importe quel autre élève du pays.

La ministre a salué cette collaboration, qu'elle présente comme un pilier de ce qu'elle appelle l'éducation inclusive : l'idée que le parcours scolaire ne doit pas s'arrêter net à la porte d'une cellule.

Ce que ça change concrètement

Pour ces 31 candidats, réussir le bac derrière les barreaux, ce n'est pas seulement un diplôme de plus dans une pile de dossiers administratifs. C'est une porte qui reste ouverte sur l'après : poursuite d'études, accès à une formation, ou simplement la preuve, pour eux-mêmes et pour leur entourage, qu'une incarcération n'efface pas un projet de vie.

C'est aussi tout l'enjeu affiché de la réinsertion : un détenu qui sort avec un diplôme en poche a statistiquement plus de chances de retrouver une place dans la société que celui qui sort les mains vides. Le bac, dans ce contexte, devient un outil autant qu'un examen.

Une visite qui envoie un signal

En se rendant elle-même dans l'enceinte de la prison centrale, la ministre a voulu montrer que ce dossier n'est pas traité à distance, depuis un bureau climatisé du boulevard Triomphal. Elle a insisté sur l'engagement des autorités à ne laisser aucun candidat de côté, qu'il soit scolarisé dans un lycée classique ou qu'il compose entre quatre murs.

Reste maintenant l'épreuve elle-même, pour ces 31 candidats comme pour les milliers d'autres lycéens gabonais qui plancheront au même moment. Le jour des résultats dira si cet accompagnement particulier aura porté ses fruits.

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