Économie

Bientôt de la viande tchadienne dans les assiettes gabonaises ?

Une délégation gabonaise s'est rendue à N'Djamena pour poser les bases d'un corridor alimentaire entre les deux pays.

Le prix de la viande fait grincer des dents à Libreville depuis des mois. Une délégation gabonaise conduite par la consule générale du Gabon au Tchad vient de discuter avec les autorités tchadiennes d'un projet qui pourrait changer la donne : exporter du bétail tchadien vers le marché gabonais.

Étal de viande dans un marché urbain gabonais
Le projet de corridor alimentaire vise à diversifier l'approvisionnement en viande sur le marché gabonais.

Ça fait longtemps que les ménagères de Nkembo ou d'Akanda se plaignent : la viande coûte cher, et elle vient souvent de loin. Le Gabon importe l'essentiel de sa viande, notamment du Brésil ou d'Europe, alors que des pays voisins comme le Tchad regorgent de cheptel.

C'est ce constat, en creux, qui a poussé la consule générale du Gabon au Tchad, Alia Maheva Bongo Ondimba, à conduire récemment une délégation auprès des autorités tchadiennes. L'objectif affiché : étudier les conditions d'un corridor permettant d'exporter la viande tchadienne vers les étals gabonais.

Une idée née au sommet

Cette démarche ne sort pas de nulle part. Elle s'inscrit dans les orientations fixées par les présidents Brice Clotaire Oligui Nguema et Mahamat Idriss Déby Itno, qui se sont rencontrés en marge du Forum africain de l'eau. Les deux chefs d'État auraient donné des instructions pour explorer ce type de coopération, dans le cadre plus large du renforcement des échanges au sein de la CEMAC, cette zone économique qui réunit six pays d'Afrique centrale et qui reste, on le sait, encore loin de son plein potentiel commercial interne.

Concrètement, un corridor alimentaire, c'est une voie logistique sécurisée et facilitée — moins de tracasseries douanières, des accords sanitaires, du transport organisé — pour faire circuler des denrées entre deux pays. Le Tchad a du bétail, le Gabon a un marché urbain en forte demande de protéines animales. Sur le papier, la complémentarité est réelle.

Ce que ça changerait, si ça se confirme

Pour l'instant, on est encore au stade des discussions et des perspectives d'exportation. Aucune date, aucun volume, aucun accord signé n'a été communiqué à ce jour. Mais l'enjeu, lui, est concret pour les Gabonais : si ce corridor voit le jour, cela pourrait signifier une offre de viande plus diversifiée et potentiellement moins chère, en réduisant la dépendance aux importations lointaines.

Reste à voir comment ce projet se traduira dans les faits : quelles filières seront concernées, quels contrôles sanitaires encadreront ces flux, et surtout dans quels délais. Le Crieur suivra ce dossier, car derrière les discussions diplomatiques, c'est bien le panier de la ménagère gabonaise qui est en jeu.

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