Économie

Billets d'avion chers : un groupe de travail créé pour baisser la note

Le gouvernement engage un chantier pour supprimer les taxes jugées inutiles sur les billets d'avion, tout en instaurant une contribution distincte pour la sécurité aux frontières.

Prendre l'avion coûte cher, et les Gabonais qui voyagent le savent bien. Le ministère des Transports annonce la création d'un groupe de travail interministériel chargé de traquer les taxes sans valeur ajoutée sur les billets. Une autre mesure, réservée aux vols internationaux, finance elle un système de sécurité aux frontières : les deux sujets, souvent confondus, n'ont rien à voir.

Voyageurs à l'aéroport de Libreville devant un comptoir d'enregistrement
Le ministre d'État Ulrich Manfoumbi Manfoumbi.

Ceux qui voyagent régulièrement entre Libreville, Port-Gentil ou vers l'étranger le répètent depuis des années : le prix du billet d'avion pèse lourd sur le budget. Familles qui rentrent au pays, commerçants, étudiants, professionnels du tourisme, tous partagent la même préoccupation. Et elle est légitime : ces dernières années, des compagnies comme Royal Air Maroc ou Turkish Airlines ont cessé de desservir le Gabon, un signal qui inquiète un secteur touristique déjà fragile.

Un groupe de travail pour alléger la facture

Face à ce constat, le ministère des Transports a annoncé la mise en place d'un groupe de travail interministériel. Sa mission : passer au crible l'ensemble des taxes appliquées au transport aérien et supprimer celles qui n'apportent aucune valeur ajoutée au secteur. L'objectif affiché est clair, ne pas alourdir davantage le prix payé par les usagers. C'est précisément la demande que portent depuis longtemps les acteurs du tourisme et du transport aérien gabonais. Le chantier, selon le ministère, est déjà engagé.

Une autre mesure, pour une autre raison

Dans le même temps, une nouvelle contribution a fait son apparition pour les voyageurs empruntant des vols internationaux. Il ne faut pas la confondre avec le débat sur la cherté des billets : elle répond à un objectif totalement différent. Cette contribution découle d'un accord signé le 21 mai entre le ministère des Transports et la société Securiport LLC. Elle finance le déploiement d'un système appelé API-PNR, qui permet de collecter et d'analyser à l'avance les données des passagers, conformément aux recommandations de l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale. Seuls les vols internationaux sont concernés, les liaisons intérieures n'y sont pas soumises. Le but, selon le ministère, est de renforcer le contrôle aux frontières aériennes et de mieux lutter contre la criminalité transnationale, le trafic de stupéfiants et le terrorisme.

Le ministre d'État Ulrich Manfoumbi Manfoumbi a publié un communiqué détaillant les fondements de cette contribution, ses objectifs et ses modalités d'application, afin de couper court aux confusions entre les deux sujets.

Ce que ça change concrètement

Pour le voyageur gabonais, la distinction est utile à retenir. D'un côté, un travail de fond vise à faire baisser le coût réel du billet en supprimant les taxes superflues, une réponse directe à une plainte largement partagée. De l'autre, une contribution ciblée sur les vols internationaux finance un outil de sécurité, sans impact sur les trajets intérieurs. Reste à savoir combien de taxes seront effectivement supprimées et dans quel délai, le ministère n'ayant pas encore communiqué de calendrier précis sur ce point. Le Crieur suivra l'avancée de ce dossier, qui touche directement le portefeuille de milliers de Gabonais.

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