Société

Biodiversité : le Gabon boucle son plan à la Sablière

Deux jours de travail à Libreville pour fixer la feuille de route nationale de protection de la nature.

Les 20 et 21 juillet, la Sablière à Libreville accueille un atelier décisif pour l'avenir des forêts et de la faune gabonaises. Onze ministres, cinq agences des Nations unies et une dizaine d'organisations internationales s'y retrouvent pour valider la nouvelle Stratégie et le Plan d'Action Nationaux pour la Biodiversité, le fameux SPANB. Un document technique, certes, mais dont dépendent la gestion des forêts, des parcs et des ressources dont vivent des milliers de familles à travers le pays.

Salle de réunion avec des participants discutant autour de documents lors d'un atelier sur la biodiversité
Ministres, experts onusiens et représentants d'ONG réunis à la Sablière pour finaliser la stratégie nationale sur la biodiversité.

Un rendez-vous mondial qui atterrit à Libreville

Derrière ce sigle un peu aride, le SPANB, se cache la traduction gabonaise d'un engagement pris à l'échelle planétaire : le cadre dit de Kunming-Montréal, adopté par la communauté internationale pour freiner la disparition des espèces et la destruction des écosystèmes. Chaque pays signataire doit désormais présenter sa propre copie, avec des objectifs chiffrés et un calendrier.

À Libreville, c'est la Direction générale de l'environnement qui pilote l'exercice. Pendant deux jours, ministres, experts onusiens et représentants d'ONG doivent aligner les ambitions gabonaises sur les cibles fixées au niveau mondial, tout en tenant compte des réalités du terrain : massifs forestiers, parcs nationaux, zones de pêche, terroirs villageois.

Ce que ça change concrètement

Pour un habitant de Makokou, de Gamba ou d'un village riverain d'un parc national, ce document n'est pas qu'une affaire de diplomates. Le SPANB doit servir de socle aux futures décisions sur la gestion des forêts, la lutte contre le braconnage, ou encore le partage des retombées de la conservation avec les communautés locales. C'est aussi sur cette base que le Gabon pourra continuer à mobiliser des financements internationaux dédiés à la protection de sa biodiversité, l'une des plus riches d'Afrique centrale.

La présence de cinq agences des Nations unies et d'une dizaine d'ONG traduit l'enjeu : le Gabon, souvent cité comme modèle de préservation forestière sur le continent, doit montrer qu'il transforme ces engagements internationaux en politique nationale applicable, et pas seulement en promesses de tribune.

Prochaines étapes

À l'issue de l'atelier, le document validé doit encore suivre un circuit de validation avant sa mise en œuvre effective. Les autorités n'ont pas communiqué, à ce stade, de calendrier détaillé pour le déploiement des mesures sur le terrain. Reste que ce travail de deux jours à la Sablière fixe, pour les prochaines années, la ligne que le pays entend suivre pour concilier développement et préservation de son patrimoine naturel.

À lire aussi