International

Birao renaît: un pôle de développement pour sortir du chaos

Le gouvernement centrafricain et l'ONU misent sur cette ville du nord-est pour ramener la paix et faire revenir les déplacés.

À Birao, dans le nord-est de la Centrafrique, près d'un millier d'habitants ont accueilli dimanche l'inauguration d'un pôle de développement porté par le gouvernement et les agences des Nations Unies. L'objectif affiché : relancer l'économie locale, consolider une paix encore fragile et faciliter le retour des réfugiés et des déplacés.

Vue de la ville de Birao en Centrafrique, avec ses habitations disposées en forme géométrique au milieu d'une zone sablonneuse
Birao, ville du nord-est centrafricain, accueille un nouveau pôle de développement porté par le gouvernement et l'ONU.

Une ville symbole des années de crise

Birao n'est pas une localité comme les autres. Vue du ciel, la ville dessine une équerre presque parfaite au milieu d'une étendue sablonneuse, à la frontière du Soudan et du Tchad. Elle a payé un lourd tribut aux violences qui ont secoué la Centrafrique depuis plus d'une décennie, avec des vagues de déplacements massifs et une économie à l'arrêt.

C'est dans ce contexte que le gouvernement centrafricain et les Nations Unies ont choisi d'y implanter un pôle de développement. Près d'un millier de personnes se sont rassemblées pour accueillir la délégation, signe que l'attente autour de ce projet est réelle dans une région longtemps coupée du reste du pays.

Paix et services de base, deux priorités liées

Le projet vise avant tout à améliorer l'accès aux services sociaux de base pour les communautés locales. Selon nos informations, l'enjeu est aussi de créer les conditions du retour des réfugiés et des déplacés internes, dont beaucoup ont fui Birao lors des pics de violence.

L'idée qui sous-tend ce type de pôle est simple à énoncer, plus difficile à réaliser : sans économie locale qui fonctionne, sans écoles, sans centres de santé, la paix reste précaire. En consolidant ces bases, les autorités centrafricaines et leurs partenaires onusiens espèrent enclencher un cercle vertueux où la stabilité retrouvée attire à son tour l'investissement et le retour des familles.

Ce que cela dit d'un défi régional plus large

Cette initiative, encore à ses débuts, illustre une approche désormais privilégiée dans plusieurs zones fragiles d'Afrique centrale : lier reconstruction économique et consolidation de la paix plutôt que de traiter les deux séparément. Pour la Centrafrique, dont le nord-est reste l'une des régions les plus isolées, Birao pourrait servir de test.

Rien n'indique encore de calendrier précis ni de montants engagés pour ce pôle. Les prochains mois diront si l'enthousiasme de la population, visible dès l'inauguration, se traduira par des résultats concrets sur le terrain : routes, marchés, écoles rouvertes, familles de retour. C'est à cette aune que Birao mesurera, dans la durée, la portée réelle de cette annonce.

À lire aussi