Économie

Bois certifié : Libreville planche sur une norme nationale

Un atelier réunit forestiers, techniciens et bailleurs pour bâtir les règles d'une filière bois plus fiable.

Depuis le 13 juillet 2026, un atelier se tient à Libreville pour poser les bases d'une norme gabonaise sur la certification forestière. Porté par l'Agence gabonaise de normalisation avec l'appui de l'Initiative pour les forêts d'Afrique centrale, le chantier doit durer une semaine et rassemble administration forestière et professionnels du secteur. L'enjeu : donner au bois gabonais un cadre clair, reconnu, qui pèse dans la balance à l'export.

Participants réunis autour d'une table lors d'un atelier sur la certification forestière à Libreville
Un atelier de travail réunit à Libreville des responsables forestiers et des techniciens de la normalisation.

Une semaine pour poser les règles du jeu

Dans une salle de travail de la capitale, des responsables de la Direction générale des Forêts planchent depuis lundi avec les équipes de l'Agence gabonaise de normalisation (AGANOR). L'objectif affiché : construire une norme nationale encadrant la certification du bois, c'est-à-dire le label qui garantit qu'une grume ou une planche a été coupée dans le respect des règles forestières, sans piller la forêt ni frauder sur son origine.

L'appui vient de l'Initiative pour les Forêts d'Afrique Centrale (CAFI), un partenariat international qui finance depuis plusieurs années la gestion durable des forêts du bassin du Congo. Son soutien technique et financier à cet atelier confirme que le sujet dépasse les frontières gabonaises : le Gabon abrite l'une des plus grandes forêts tropicales encore debout du continent, et sa gestion intéresse autant les acheteurs européens que les défenseurs du climat.

Ce que ça change concrètement

Pour l'instant, chaque acteur de la filière bois — exploitants, exportateurs, contrôleurs — navigue avec des repères parfois flous sur ce qui fait qu'un bois est réellement « certifié ». Une norme claire, si elle aboutit, donnerait aux entreprises gabonaises un document de référence unique, plus facile à défendre devant un client étranger exigeant que le bois qu'il achète ne vient pas d'une coupe sauvage.

À terme, c'est aussi une question d'emplois et de recettes : la filière bois fait vivre des milliers de familles, des bûcherons aux ouvriers des scieries de la zone économique de Nkok. Un cadre solide et reconnu à l'international peut ouvrir des marchés plus exigeants, souvent mieux payés, là où le bois non certifié se vend au rabais.

Encore un chemin à parcourir

Cet atelier n'est qu'une étape : il s'agit de « jeter les bases », précisent les organisateurs, pas de finaliser un texte prêt à l'emploi. Les échanges de cette semaine doivent nourrir un projet de norme qui devra ensuite suivre le circuit habituel de validation avant d'être appliqué sur le terrain.

Reste que l'initiative confirme une dynamique engagée par le Gabon pour structurer sa gestion forestière, dans un secteur où la confiance des acheteurs se construit avec des règles, pas avec des promesses.

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