Société

Bon élève d'Afrique centrale, le Gabon peine à employer ses jeunes

Le pays affiche le meilleur indice de développement humain de la sous-région, mais des milliers de diplômés attendent toujours une place sur le marché du travail.

Sur le papier, le Gabon fait figure de champion régional : son Indice de développement humain, estimé à 0,733, le place devant tous ses voisins d'Afrique centrale. Mais dans les quartiers de Libreville, Port-Gentil ou Franceville, cette bonne note nationale se heurte à une réalité plus dure : trouver un emploi reste, pour beaucoup de jeunes, un parcours du combattant.

Jeunes gabonais avec des dossiers de candidature attendant devant un bâtiment administratif.
Malgré un bon classement régional en développement humain, de nombreux jeunes diplômés gabonais cherchent encore une première embauche.

Un chiffre qui flatte, une réalité qui interroge

L'Indice de développement humain (IDH) mesure trois choses : l'espérance de vie, le niveau d'éducation et le revenu par habitant. Avec un score de 0,733, le Gabon se hisse en tête de la sous-région, un résultat qui traduit de vrais progrès dans l'accès à la santé et à l'école depuis plusieurs années.

Ce classement n'est pas une invention statistique : il repose sur des données concrètes, écoles construites, espérance de vie allongée, revenu moyen soutenu par les recettes pétrolières et minières. Mais un indice national lisse les disparités. Il ne dit rien de ce que vit, au quotidien, un jeune diplômé de 25 ans sans contrat de travail.

Diplômés, mais sans poste

C'est là que le bilan se fissure. Le pays forme de plus en plus de jeunes instruits, sortis des lycées, des universités ou des filières professionnelles. Le problème, c'est que l'économie n'absorbe pas ce flot de nouveaux arrivants sur le marché du travail aussi vite qu'il grossit.

Dans les administrations, les guichets d'embauche, les couloirs des entreprises publiques et privées, la même scène se répète : des candidatures qui s'accumulent, des embauches qui se font attendre. Beaucoup de familles gabonaises connaissent cette situation de près : un fils ou une fille avec un diplôme en poche, mais toujours sans salaire régulier, des mois voire des années après la fin des études.

Ce que ça change concrètement

Ce paradoxe, un pays plutôt bien classé mais une jeunesse en difficulté, pointe vers un chantier connu : diversifier l'économie au-delà des matières premières et créer des emplois dans les secteurs qui recrutent, agriculture transformée, services, numérique, artisanat.

Pour les familles, l'enjeu est très concret : chaque emploi créé, chaque formation qui débouche réellement sur un poste, c'est un loyer payé, une ordonnance réglée, un enfant scolarisé sans sacrifice supplémentaire. L'IDH mesure des moyennes ; l'emploi, lui, se vit à l'échelle d'un foyer.

Le défi n'est donc pas de renier ce bon classement régional, mérité sur plusieurs indicateurs, mais de le faire correspondre à ce que ressentent les jeunes eux-mêmes. Traduire les progrès statistiques en places de travail réelles : c'est la prochaine étape, et sans doute la plus attendue.

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