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Cameroun ferme 1 400 églises de réveil après le meurtre d'une fillette

Yaoundé serre la vis aux lieux de culte non autorisés après un drame qui a bouleversé le pays.

Le gouvernement camerounais a ordonné la fermeture de 1 400 églises dites « de réveil » qui fonctionnaient sans autorisation. La décision tombe quelques jours après la mort violente d'une fillette de 11 ans à Yaoundé, une affaire qui implique une fidèle d'une église évangélique. Au-delà du drame, c'est toute une pratique religieuse peu encadrée qui se retrouve sous les projecteurs.

Petite église de quartier avec des fidèles devant l'entrée
Les « églises de réveil » se sont multipliées ces dernières années dans les quartiers populaires d'Afrique centrale.

Le ministre camerounais de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a annoncé la fermeture prochaine de 1 400 lieux de culte considérés comme irréguliers. Selon les informations disponibles, ces églises dites « de réveil » — des congrégations évangéliques souvent installées dans des maisons, des garages ou des chapiteaux de fortune — opéraient sans les autorisations administratives exigées par la loi camerounaise.

Un meurtre qui a tout déclenché

Cette opération intervient dans un climat particulièrement lourd. Une fillette de 11 ans a été tuée à Yaoundé, et la principale suspecte serait une fidèle de l'église « Vie et Paix au Cameroun ». D'après les éléments rapportés, la victime aurait reçu 17 coups de couteau. La suspecte aurait affirmé avoir agi sous l'influence d'un responsable religieux.

Il faut le rappeler avec la prudence qui s'impose : à ce stade, il s'agit d'accusations et de déclarations attribuées à une personne mise en cause, non de faits jugés. La présomption d'innocence doit rester la règle jusqu'à ce que la justice camerounaise se prononce. C'est ce climat d'émotion et d'inquiétude, plus que le seul fait divers, qui semble avoir précipité la décision des autorités.

Pourquoi ces églises inquiètent les pouvoirs publics

Les « églises de réveil » ont connu une expansion rapide en Afrique centrale ces dernières décennies. Beaucoup naissent en dehors de tout cadre légal, portées par des prédicateurs autoproclamés qui exercent une influence forte sur des fidèles parfois vulnérables. Le manque de contrôle administratif rend difficile toute supervision de leurs pratiques, qu'il s'agisse de finances, de discours ou d'encadrement des membres.

En frappant fort — 1 400 fermetures d'un coup — le gouvernement camerounais semble vouloir envoyer un signal clair : la liberté de culte, garantie par la Constitution, ne dispense pas du respect des règles d'enregistrement et de contrôle.

Un miroir pour le Gabon ?

Le Gabon connaît lui aussi une multiplication de lieux de prière informels, notamment à Libreville et dans certains quartiers périphériques, où des « ministères » et « temples » poussent sans toujours passer par les démarches officielles. L'affaire camerounaise, même si elle reste circonscrite à ce pays, rappelle une question que beaucoup de familles gabonaises se posent en silence : qui encadre réellement ces communautés, et que se passe-t-il quand l'emprise spirituelle dérape ?

Rien n'indique, à ce jour, une situation comparable au Gabon. Mais l'épisode camerounais invite à la vigilance sans céder à l'amalgame : la grande majorité des églises de réveil, ici comme ailleurs, restent des lieux de soutien communautaire et de réconfort pour des milliers de fidèles.

Ce qu'il faut retenir

L'enquête sur la mort de la fillette de Yaoundé se poursuit et devra établir les responsabilités exactes. Sur le plan administratif, la fermeture des 1 400 églises marque une volonté affichée de mieux encadrer un secteur religieux en pleine expansion. Pour les Gabonais qui suivent cette actualité, c'est surtout l'occasion de s'interroger, calmement, sur la manière dont sont reconnues et suivies les communautés religieuses chez eux.

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