Carburant : la BEAC veut moderniser la Sogara pour réduire les importations
La banque centrale d'Afrique centrale recommande l'achat d'un hydrocraqueur pour que le Gabon produise enfin son propre carburant.
Le Gabon extrait du pétrole depuis des décennies, mais continue d'importer l'essentiel de son essence et de son gasoil. Selon une recommandation formulée par la Banque des États de l'Afrique centrale, la Sogara de Port-Gentil devrait s'équiper d'un hydrocraqueur pour mettre fin à ce paradoxe qui coûte cher au pays.

Un pays producteur de brut qui fait la queue pour du carburant importé : voilà le paradoxe que vivent chaque jour les automobilistes gabonais. Le pétrole sort du sous-sol à Rabi, à Gamba ou en offshore, mais une bonne partie du diesel et de l'essence qui alimentent nos véhicules arrive par bateau, acheté à l'étranger.
Un appareil pour transformer le pétrole lourd en carburant utile
La recommandation vient de la BEAC, l'institution monétaire qui chapeaute les six pays de la zone CEMAC. Elle préconise l'acquisition d'un hydrocraqueur pour la Sogara, la raffinerie de Port-Gentil. Concrètement, cet équipement industriel permet de « casser » les résidus pétroliers lourds, ceux qui ne servent presque à rien tels quels, pour les transformer en essence et en gasoil de meilleure qualité. Autrement dit : produire plus de carburant utilisable à partir d'un même baril de brut, sans en importer davantage.
Pourquoi maintenant
Selon les informations disponibles à ce stade, cette recommandation intervient dans un climat de tensions sur les marchés pétroliers internationaux. Quand les prix s'envolent ou que les circuits d'approvisionnement se tendent, un pays qui dépend des importations pour son carburant se retrouve en première ligne. Renforcer la capacité de raffinage locale reviendrait à sécuriser un approvisionnement aujourd'hui fragile.
Cette piste doit toutefois être confirmée par des sources complémentaires : à l'heure actuelle, une seule source documente cette recommandation, et ni calendrier ni montant d'investissement n'ont été précisés.
Ce que ça changerait pour les Gabonais
Si ce projet se concrétise, l'impact ne serait pas seulement industriel. Moins de dépendance aux importations, c'est potentiellement moins de vulnérabilité face aux hausses de prix mondiales et aux ruptures d'approvisionnement qui, par le passé, ont déjà provoqué des files interminables devant les stations-service à Libreville comme à Port-Gentil. Pour la ville pétrolière elle-même, une Sogara modernisée représenterait aussi des emplois et une activité industrielle renforcée, dans une région historiquement construite autour du pétrole.
Reste que ce type d'investissement se chiffre en dizaines de milliards de francs CFA et s'étale sur plusieurs années. La recommandation de la BEAC ouvre une piste sérieuse ; sa mise en œuvre, elle, dépendra des choix qui seront faits dans les prochains mois par les autorités et les responsables de la raffinerie.
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