Centrafrique: fin annoncée du monopole sur les carburants
Bangui rouvre la porte à plusieurs importateurs de pétrole après deux ans de monopole contesté.
L'Assemblée nationale centrafricaine a adopté une loi qui rouvre le marché de l'importation des carburants à plusieurs opérateurs. Depuis 2023, une seule entreprise, l'ivoirienne Neptune, contrôlait ce secteur stratégique. Le texte impose désormais que chaque importateur fasse transiter ses produits par un dépôt sous douane.

Un marché qui se réouvre après deux ans de verrou
Pendant près de trois ans, une seule société a tenu les cordons du carburant en Centrafrique. Depuis 2023, Neptune détenait l'exclusivité de l'importation des produits pétroliers et dérivés dans le pays, écartant de fait des acteurs historiques comme Tomoil, Tradex ou Tristar, qui approvisionnaient auparavant le marché.
La nouvelle loi votée par les députés change la donne. Elle permet à ces opérateurs, et à d'autres, de redemander leur agrément d'importateur et de revenir concurrencer l'entreprise camerounaise. Le principe de libre concurrence remplace donc le monopole, du moins sur le papier.
Une contrepartie: le passage obligé par la douane
Le texte ne se contente pas d'ouvrir la porte. Il pose une condition claire: tout importateur devra désormais faire transiter ses cargaisons par un dépôt sous douane. Concrètement, cela signifie un contrôle renforcé de l'État sur les volumes qui entrent dans le pays, et donc sur les recettes fiscales liées à ce commerce sensible.
Cette exigence répond à une préoccupation ancienne dans la sous-région: éviter les fraudes et la sous-déclaration sur un produit aussi stratégique que le carburant, dont dépendent transports, groupes électrogènes et activité économique au quotidien.
Et pour le Gabon, quel écho?
Ce dossier centrafricain n'est pas sans résonance régionale. Le Gabon, comme d'autres pays de la zone CEMAC, a lui aussi connu des débats sur l'organisation de son marché des hydrocarbures, entre volonté de sécuriser l'approvisionnement et nécessité d'éviter les situations de position dominante qui peuvent peser sur les prix à la pompe.
L'expérience centrafricaine, avec un monopole installé en 2023 puis remis en cause aujourd'hui, illustre les tensions possibles entre stabilité de l'approvisionnement et ouverture à la concurrence. Un équilibre que chaque État de la sous-région cherche à trouver à sa manière, avec ses propres contraintes.
À Bangui, l'application de ce nouveau texte reste à observer dans les prochains mois: reste à savoir si les anciens opérateurs solliciteront effectivement leur agrément, et si la mesure se traduira par une baisse sensible des prix pour les automobilistes centrafricains.
À lire aussi

Déchets urbains : le ministre de l’Intérieur reçoit un groupe international
Le ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement local, Adrien Nguema Mba, a reçu une délégation du groupe Jospong International Business. Au cœur des échanges : la gestion des déchets, un casse-tête quotidien pour des milliers de familles à Libreville, Port-Gentil ou Franceville.
À la uneOligui Nguema à Abidjan pour les 66 ans de l'indépendance ivoirienne
Le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a foulé mardi le sol ivoirien en compagnie de la Première Dame Zita Oligui Nguema. Objectif de ce déplacement : représenter le Gabon aux cérémonies du 66e anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, célébrée chaque 7 août.
À la uneUniversités : le chef de l’État veut des campus à la hauteur du pays
Le Chef de l’État s’engage pour des campus universitaires à la hauteur des ambitions nationales, selon une annonce du ministère de l’Enseignement supérieur. Une déclaration qui remet l’état des infrastructures universitaires au cœur de l’agenda public, dans un pays où des générations d’étudiants dénoncent depuis longtemps l’état de leurs amphithéâtres et de leurs résidences.