Société

Chômage des jeunes au Gabon : le vrai visage d'une génération qui attend sa chance

Malgré les richesses du pays, des milliers de jeunes Gabonais restent sans emploi stable, un paradoxe qui interroge tout le modèle économique national.

Le Gabon affiche un revenu par habitant parmi les plus élevés d'Afrique subsaharienne, grâce au pétrole, au bois et au manganèse. Mais dans les quartiers de Libreville, Port-Gentil ou Franceville, une partie de la jeunesse ne voit pas la couleur de cette richesse. Une tribune récemment publiée relance le débat sur les causes profondes de ce chômage et sur les pistes possibles pour refonder le modèle économique du pays.

Jeunes gens rassemblés dans une rue de Libreville, consultant des offres d'emploi
Photo d'illustration

Sur le papier, le Gabon a de quoi faire des envieux. Pétrole, manganèse, forêt tropicale parmi les mieux préservées du continent : les ressources ne manquent pas. Le revenu moyen par habitant y est même l'un des plus confortables d'Afrique subsaharienne.

Mais derrière ces chiffres flatteurs se cache une réalité que connaissent bien les familles de Nzeng-Ayong, d'Akanda ou des quartiers populaires de Port-Gentil : des jeunes diplômés, parfois bac+5, qui enchaînent les candidatures sans réponse, ou qui finissent par accepter des petits boulots loin de leur formation.

Une richesse qui ne se traduit pas en emplois

Le constat dressé dans une tribune libre récemment publiée est sans détour : la rente tirée des matières premières profite peu à l'emploi des jeunes. Le pays produit de la richesse, mais celle-ci ne se transforme pas suffisamment en postes de travail stables et durables pour une génération pourtant nombreuse et formée.

Ce décalage n'est pas propre au Gabon, mais il y prend une dimension particulière. Le secteur pétrolier, qui pèse lourd dans l'économie nationale, n'emploie qu'une fraction limitée de la population active. Les grandes entreprises extractives fonctionnent avec des effectifs restreints et des compétences souvent très spécialisées.

Le poids d'un modèle à repenser

Selon la tribune, la solution ne se trouve pas seulement dans la création de nouveaux dispositifs d'insertion ponctuels, mais dans une refondation plus profonde du modèle économique. Autrement dit : diversifier réellement l'économie, loin de la seule dépendance aux matières premières, pour ouvrir des perspectives dans l'agriculture, la transformation locale, les services numériques ou l'artisanat.

C'est un chantier de longue haleine, mais les jeunes Gabonais n'ont pas le luxe d'attendre. Beaucoup vivent au quotidien la précarité de l'emploi informel, faute de mieux : vente à la sauvette, petits transports, ou expédients divers qui ne garantissent ni couverture sociale ni avenir stable.

Ce que ça change concrètement pour les familles

Pour un parent qui a investi dans les études de son enfant, l'absence de débouchés après le diplôme est vécue comme une double peine : l'effort financier consenti, souvent au prix de sacrifices, ne débouche pas sur l'autonomie espérée. Cette frustration nourrit un sentiment d'injustice largement partagé dans les foyers gabonais.

La tribune appelle donc à regarder le problème dans sa globalité, sans se contenter de mesures cosmétiques. Elle invite les décideurs à s'attaquer aux racines structurelles du chômage des jeunes, plutôt qu'à ses seuls symptômes.

Et maintenant ?

Le débat lancé par cette contribution mérite d'être suivi de près. Il rejoint des préoccupations exprimées de longue date par les acteurs économiques et sociaux du pays : comment faire en sorte que la croissance, quand elle existe, se traduise réellement en emplois pour la jeunesse ? La question reste ouverte, mais elle est désormais posée avec clarté, et c'est déjà un premier pas.

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