Société

Diplôme ou savoir-être : le vrai enjeu de l'école gabonaise

Au-delà des murs et des amphis, un débat s'ouvre sur ce qui fait vraiment la valeur d'un diplômé gabonais.

Construire des universités neuves, c'est bien. Mais à quoi servent des bâtiments modernes si les jeunes qui en sortent manquent de rigueur, de ponctualité ou d'esprit d'équipe ? À Libreville comme ailleurs, une réflexion prend forme autour de l'Université des Sciences de l'Éducation, projetée au Cap Esterias : et si le vrai chantier n'était pas dans le béton, mais dans les contenus enseignés ?

Étudiants gabonais assis dans un amphithéâtre, en train de suivre un cours
L'école gabonaise face à un débat : former des savants ou des travailleurs prêts pour l'emploi ?

Le diplôme ne suffit plus

Dans les administrations, les entreprises et même chez les artisans du quartier, le même refrain revient : « il a un diplôme, mais il ne sait pas se comporter au travail ». Ce constat, largement partagé sur le terrain, nourrit aujourd'hui une réflexion de fond sur notre système éducatif. Selon des éléments recueillis, l'idée d'une Université des Sciences de l'Éducation (USE) au Cap Esterias est présentée comme une réponse possible à ce décalage entre formation académique et exigences réelles du monde professionnel.

L'enjeu n'est pas seulement de bâtir des salles de classe flambant neuves. C'est de revoir la nature même de ce qu'on y enseigne. Un amphithéâtre moderne, si le contenu pédagogique reste figé, ne changera rien à la donne pour les familles gabonaises qui investissent dans les études de leurs enfants en espérant un vrai retour, un emploi stable, une carrière qui décolle.

Ce qu'on appelle le savoir-être

Ce terme un peu technique désigne, en clair, la capacité à arriver à l'heure, à respecter une consigne, à travailler en équipe sans se braquer, à s'adapter quand les choses changent. Ce n'est pas dans les manuels de droit ou de comptabilité qu'on apprend cela d'habitude, et c'est précisément là que le bât blesserait, selon les éléments avancés.

Le raisonnement est simple : un pays ne se redresse pas seulement avec des ingénieurs et des juristes brillants sur le papier. Il se redresse avec des travailleurs fiables au quotidien, ceux qui tiennent les délais, qui assument leurs erreurs, qui ne lâchent pas au premier obstacle. C'est cette qualité humaine, plus que le parchemin, qui ferait la différence dans les entreprises et les administrations gabonaises.

Ce qui reste à confirmer

À ce stade, il s'agit d'une piste de réflexion portée par une seule source et non d'un programme officiellement acté. Le projet de l'USE au Cap Esterias, ses contours précis, son calendrier et son financement méritent d'être suivis avec prudence dans les mois qui viennent.

Ce qui est certain, c'est que la question touche directement les familles gabonaises : celles qui envoient leurs enfants à l'école en espérant qu'ils en sortent non seulement savants, mais aussi prêts pour la vraie vie professionnelle. Le Crieur suivra l'évolution de ce dossier dès que des informations vérifiables seront disponibles.

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