Société

Droits d’auteur : la BUGADA annonce sa tournée dans les bars et hôtels

Le Bureau gabonais du droit d’auteur lance sa campagne de contrôle 2026, avec les établissements qui font tourner la musique dans le viseur.

Bars, restaurants, hôtels, boîtes de nuit : la musique qui anime vos soirées a un prix, et le Bureau gabonais du droit d’auteur et des droits voisins (BUGADA) entend le faire payer. L’organisme annonce le lancement, sur tout le territoire, de ses opérations de contrôle et de perception des redevances pour l’exercice 2026. Une campagne adossée à un texte de loi récent, qui devrait faire parler dans les cuisines et les salles de bar du pays.

Bar animé le soir avec ambiance musicale et lumières colorées
Bars, hôtels et boîtes de nuit sont visés par la nouvelle campagne de contrôle du BUGADA.

Une tournée nationale annoncée

Le BUGADA, c’est l’organisme chargé de collecter, pour le compte des artistes, musiciens et créateurs, l’argent que leur doivent tous ceux qui utilisent leurs œuvres à des fins commerciales. Diffuser une chanson dans un bar, faire danser une clientèle en boîte de nuit ou passer une playlist dans le hall d’un hôtel, ce n’est pas gratuit : la loi prévoit une redevance à verser aux ayants droit.

Selon nos informations, la nouvelle campagne s’appuie sur la loi n°007/2024 du 20 septembre 2024, qui a ratifié l’ordonnance relative au droit d’auteur. C’est ce texte qui donne au BUGADA la légitimité pour aller frapper aux portes des établissements, partout au Gabon, et pas seulement à Libreville.

Qui est concerné, concrètement ?

D’après les éléments disponibles, la liste des cibles est large : bars, restaurants, hôtels et boîtes de nuit. En clair, tout lieu ouvert au public où de la musique est diffusée pour créer une ambiance ou attirer la clientèle entre potentiellement dans le champ de ces contrôles.

Pour beaucoup de patrons de petits établissements, souvent installés dans l’informel, la nouvelle risque de tomber comme une surprise. Beaucoup ignorent encore qu’un poste de radio allumé au comptoir ou une sono qui tourne toute la soirée peut donner lieu à une redevance.

Ce que ça change pour les artistes… et pour les patrons

Pour les créateurs gabonais, la démarche a un sens simple : faire respecter un droit économique trop souvent contourné. Chanteurs, compositeurs et musiciens vivent en partie de ces redevances, censées rémunérer leur travail chaque fois qu’une de leurs œuvres est jouée en public.

Côté établissements, l’enjeu est différent. Il s’agit désormais de se mettre en règle, sous peine de sanctions dont la nature précise n’a pas encore été détaillée dans les informations dont nous disposons. Beaucoup de gérants attendent d’ailleurs plus de clarté sur les montants exigés et les modalités pratiques du contrôle.

Encore beaucoup de zones d’ombre

À ce stade, une seule annonce circule sur cette campagne, et plusieurs questions restent sans réponse : quel est le montant des redevances selon le type d’établissement ? Comment les agents du BUGADA procéderont-ils sur le terrain ? Quel calendrier précis pour ces opérations à travers le pays ?

Le Crieur suivra ce dossier de près et reviendra avec des précisions dès qu’elles seront disponibles, notamment auprès des professionnels du secteur et des autorités compétentes.

Et pour les Gabonais ?

Si la mesure se confirme et s’applique réellement, elle pourrait redonner un peu de souffle financier aux artistes locaux, souvent les grands oubliés de la chaîne économique de la musique. Pour les patrons de bars et d’hôtels, il faudra sans doute anticiper une nouvelle ligne de dépense — et pour les clients, l’ambiance musicale de leur bar habituel pourrait, à terme, avoir un impact indirect sur les prix affichés.

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