Société

Écrans avant 3 ans : l'UNICEF tire la sonnette d'alarme

Le fonds des Nations unies pour l'enfance déconseille fermement l'exposition précoce des tout-petits aux tablettes et smartphones.

Dans son rapport 2026, l'UNICEF met en garde contre les effets d'une exposition précoce et excessive aux écrans chez les enfants de moins de 3 ans. Une période jugée cruciale pour le développement du cerveau et du langage, à un âge où, à Libreville comme ailleurs, la tablette est souvent devenue la nounou de secours.

Un adulte joue avec un jeune enfant assis par terre dans un salon
Selon l'UNICEF, les interactions directes avec un adulte restent essentielles au développement des tout-petits.

Un rapport, une alerte, et une réalité qui parle à beaucoup de foyers gabonais : celle du bébé calé devant un smartphone pendant que le repas se prépare, ou du bambin qui s'endort avec les dessins animés en fond sonore. L'UNICEF vient de le rappeler dans son rapport 2026 : avant 3 ans, les écrans ne sont pas de simples distractions sans conséquence.

Une fenêtre fragile pour le cerveau

Selon l'organisation, les trois premières années de vie constituent une période essentielle au développement du cerveau et du langage. C'est le moment où l'enfant apprend à reconnaître les voix, à imiter les sons, à construire les premières briques de sa pensée. Un temps d'écran mal maîtrisé viendrait perturber ce processus d'apprentissage naturel, qui repose avant tout sur les interactions humaines : le regard d'un parent, une comptine chantée, un jeu de mains.

L'UNICEF insiste sur ce point : ce n'est pas l'écran en lui-même qui pose problème dans l'absolu, mais son usage précoce et excessif, quand il vient remplacer les échanges réels entre l'enfant et son entourage.

Ce que ça change pour les familles gabonaises

Dans beaucoup de foyers, à Libreville, à Port-Gentil ou dans les provinces, le smartphone familial est devenu un outil de gestion du quotidien : occuper l'enfant pendant les tâches ménagères, calmer une crise, gagner quelques minutes de répit. Ce recours n'a rien d'exceptionnel, il traverse toutes les catégories sociales.

Mais le message de l'UNICEF invite à regarder ce réflexe différemment. Avant 3 ans, chaque minute passée devant un écran est une minute qui aurait pu servir à parler, chanter, jouer ou simplement regarder autour de soi. Pour les parents, grands-parents et nourrices qui gardent les tout-petits au quotidien, l'enjeu n'est pas de culpabiliser, mais de réajuster progressivement certaines habitudes.

Des repères simples plutôt que l'interdiction totale

Le rapport ne prône pas une suppression brutale et impossible des écrans dans un monde où la télévision et le téléphone font partie du décor domestique. Il invite plutôt à privilégier, tant que possible, les moments d'échange direct avec l'enfant : lecture d'images, jeux de doigts, chansons, promenades au quartier.

Ces gestes, souvent gratuits et déjà connus des mamans gabonaises, restent selon l'UNICEF les meilleurs stimulants pour un cerveau en construction. L'idée n'est pas de bannir la technologie, mais de lui redonner sa juste place, après l'âge de 3 ans, et de façon encadrée.

Retenir l'essentiel

Ce rapport ne condamne pas les parents débordés qui allument parfois la télévision pour souffler un instant. Il rappelle simplement une donnée de bon sens, appuyée par la recherche : avant 3 ans, rien ne remplace la voix, le regard et la présence d'un adulte. Un repère utile à garder en tête dans les crèches, les foyers et les structures de petite enfance du pays.

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