Foncier : les terres des villages face à la modernisation du pays
Une voix s'élève pour réclamer une loi qui protège les terres des communautés autochtones du Gabon.
Une figure politique gabonaise, Ella Nguema, demande la création d'un cadre juridique dédié à la protection des droits fonciers des communautés autochtones. En cause : la crainte que la modernisation du pays, ses grands projets et son développement urbain, ne se fasse au détriment de familles installées sur leurs terres depuis des générations.

Dans beaucoup de villages du Gabon, la terre n'est pas qu'un bien : c'est une mémoire, un lieu de sépulture des ancêtres, un patrimoine transmis de père en fils. C'est ce lien-là qu'Ella Nguema dit vouloir protéger en réclamant un texte de loi spécifique pour les communautés autochtones face aux pressions du foncier moderne.
Un développement qui bouscule les repères
Routes, zones industrielles, projets agricoles ou immobiliers : le Gabon avance, et cette avancée a besoin d'espace. Or cet espace, dans de nombreuses provinces, correspond souvent à des terres occupées de longue date par des populations qui n'ont pas toujours de titre foncier officiel, faute d'accès aux procédures d'immatriculation ou par simple tradition d'occupation coutumière.
Selon Ella Nguema, la modernisation du pays ne saurait se faire au détriment des droits des communautés historiquement établies. Le constat qu'elle porte est simple : sans cadre légal clair, ces familles restent vulnérables face à des projets d'aménagement décidés parfois loin de leur réalité quotidienne.
Ce que réclame concrètement cette démarche
L'appel formulé vise l'élaboration d'un texte juridique dédié, qui reconnaîtrait explicitement les droits des populations autochtones sur les terres qu'elles occupent traditionnellement. Il s'agirait, dans cette logique, de sécuriser leur situation avant que ne surviennent des litiges, plutôt que de les régler après coup devant les tribunaux.
Cette demande s'inscrit dans un débat plus large sur la gestion du foncier au Gabon, où l'absence de documents cadastraux à jour complique souvent la vie des ménages, qu'ils soient citadins ou ruraux. Pour beaucoup de familles installées depuis des décennies sur une même parcelle, l'incertitude sur leurs droits reste une source d'inquiétude bien réelle.
Ce que cela changerait, si le texte voit le jour
À ce stade, il s'agit d'un appel politique, pas encore d'une loi adoptée. Mais la question posée touche à quelque chose de très concret pour de nombreux Gabonais : la sécurité de savoir que la terre familiale ne pourra pas être reprise sans compensation ni dialogue préalable.
Si un tel cadre venait à être discuté par les autorités compétentes, il reviendrait aux institutions concernées d'en définir le contenu précis et le calendrier. En attendant, cette interpellation remet sur la table un sujet sensible : comment faire avancer le pays sans effacer les racines de ceux qui l'habitent depuis toujours.
À lire aussi

Déchets urbains : le ministre de l’Intérieur reçoit un groupe international
Le ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement local, Adrien Nguema Mba, a reçu une délégation du groupe Jospong International Business. Au cœur des échanges : la gestion des déchets, un casse-tête quotidien pour des milliers de familles à Libreville, Port-Gentil ou Franceville.
À la uneOligui Nguema à Abidjan pour les 66 ans de l'indépendance ivoirienne
Le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a foulé mardi le sol ivoirien en compagnie de la Première Dame Zita Oligui Nguema. Objectif de ce déplacement : représenter le Gabon aux cérémonies du 66e anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, célébrée chaque 7 août.
À la uneUniversités : le chef de l’État veut des campus à la hauteur du pays
Le Chef de l’État s’engage pour des campus universitaires à la hauteur des ambitions nationales, selon une annonce du ministère de l’Enseignement supérieur. Une déclaration qui remet l’état des infrastructures universitaires au cœur de l’agenda public, dans un pays où des générations d’étudiants dénoncent depuis longtemps l’état de leurs amphithéâtres et de leurs résidences.