Société

Fonction publique : les syndicats disent non à la fin des avancements automatiques

Le projet de réforme du statut des fonctionnaires butte sur l'opposition des syndicats, inquiets pour la progression de carrière des agents de l'État.

Le projet de modernisation du Statut général des fonctionnaires, porté par la ministre de la Fonction publique Laurence Ndong, se heurte à la résistance des syndicats. En cause : la volonté de l'exécutif de supprimer les avancements automatiques, ce mécanisme qui fait progresser le salaire d'un agent avec les années, indépendamment de toute évaluation. Selon des informations qui circulent depuis quelques jours dans les ministères, la mesure est perçue comme une remise en cause d'un droit acquis par des milliers de fonctionnaires.

Bâtiment de l'administration publique gabonaise avec des agents à l'entrée
Le projet de réforme du Statut général des fonctionnaires suscite des inquiétudes dans l'administration.

Ce que change vraiment la réforme

Derrière ce débat technique se cache une question très concrète pour tout agent public : comment évolue mon salaire au fil de ma carrière ? Jusqu'ici, l'avancement automatique permettait à un fonctionnaire de changer d'échelon, et donc de toucher un peu plus, simplement en cumulant de l'ancienneté, sans passer par une évaluation formelle de son travail.

Le projet porté par le ministère de la Fonction publique voudrait, selon les informations disponibles à ce stade, lier davantage la progression de carrière au mérite et à la performance. L'objectif affiché serait de moderniser une administration jugée parfois rigide, où l'ancienneté prime sur l'efficacité. Mais pour de nombreux syndicats, ce changement de logique fait craindre un basculement vers plus d'arbitraire dans la gestion des carrières.

Une inquiétude partagée par les agents

Sur le terrain, à Libreville comme dans les administrations de province, la nouvelle a circulé vite parmi les fonctionnaires. Beaucoup y voient une remise en cause d'un acquis social, dans un contexte où les traitements restent, pour une large partie des agents, modestes. Les organisations syndicales réclament d'être pleinement associées à la discussion avant toute adoption du nouveau Statut général.

À ce stade, le ministère de la Fonction publique n'a pas encore communiqué publiquement sur le contenu détaillé du texte ni sur un calendrier précis d'adoption. Nos informations, encore parcellaires, méritent d'être confirmées dans les prochains jours, tant les positions des uns et des autres restent, pour l'instant, difficiles à vérifier de façon indépendante.

Et maintenant ?

La question qui se pose désormais est celle du dialogue. Une réforme du Statut général des fonctionnaires touche directement le quotidien de milliers de familles gabonaises, qui vivent du salaire d'un agent public. Le passage en force serait risqué ; une concertation avec les syndicats, sur un calendrier clair, semble la voie la plus sûre pour éviter un blocage social. Le Crieur suivra l'évolution de ce dossier et donnera la parole à toutes les parties dès que des échanges officiels seront confirmés.

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