Société

Fonctionnaires : deux lois pour changer votre carrière au quotidien

À Libreville, un atelier de trois jours doit poser les bases d'un nouveau statut pour tous les agents de l'État.

Recrutement, avancement, salaire, évaluation : les règles qui régissent la vie professionnelle de milliers d'agents publics gabonais sont sur la table. Un atelier réuni à Libreville du 22 au 24 juillet examine deux projets de loi censés moderniser en profondeur la fonction publique.

Participants réunis en atelier de travail dans une salle de conférence à Libreville
L'atelier de validation des deux projets de statut de la fonction publique s'est ouvert mercredi à Libreville pour trois jours de travaux.

Trois jours pour rebâtir les règles du jeu. C'est le pari de l'atelier ouvert mercredi à Libreville par la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, Laurence Ndong. Objectif affiché : valider deux textes appelés à devenir le socle du futur statut des agents de l'État, le nouveau Statut général de la fonction publique et le nouveau Statut général des fonctionnaires.

Derrière ces intitulés un peu arides se cache une question très concrète pour des dizaines de milliers de Gabonais : comment on entre dans la fonction publique, comment on y progresse, comment on y est payé et évalué. Le recrutement, l'avancement, la rémunération et l'évaluation des performances sont directement visés par la réforme, tout comme l'intégration de métiers plus récents, liés au numérique et à l'intelligence artificielle, qui n'existaient pas quand les textes actuels ont été écrits.

Un chantier qui traînait depuis longtemps

Cette remise à plat n'est pas une improvisation. Les autorités la présentent comme l'un des chantiers majeurs de la modernisation de l'État engagée ces dernières années. Le constat de départ est connu de tous ceux qui ont un proche fonctionnaire : des grilles de carrière jugées dépassées, des critères d'avancement parfois flous et une administration en décalage avec les compétences aujourd'hui recherchées.

Pour amender et valider les deux projets, l'atelier rassemble des représentants de plusieurs administrations gabonaises, appelés à confronter leurs pratiques de terrain aux textes proposés par le ministère. C'est cette étape technique, souvent invisible du grand public, qui décide en réalité de ce qui changera ou non pour l'agent au guichet, l'enseignant devant sa classe ou l'infirmier de garde.

Ce que ça peut changer pour les agents

Si les deux textes sont validés puis adoptés, c'est tout le parcours professionnel d'un fonctionnaire qui pourrait s'en trouver redéfini, de son entrée dans l'administration jusqu'à sa retraite. Une évaluation plus lisible des performances, par exemple, pourrait ouvrir la voie à des avancements moins arbitraires et plus liés au mérite réel.

Reste que l'atelier de Libreville n'est qu'une étape : validation ne veut pas dire adoption définitive. Les textes devront ensuite suivre leur parcours institutionnel avant de s'appliquer concrètement dans les bureaux, les écoles et les hôpitaux du pays. Les agents publics, premiers concernés, attendront surtout de voir si les intentions affichées se traduisent, sur leur fiche de paie et leur feuille de route, par des règles enfin claires.

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