Économie

Gabon-Eramet : un accord-cadre pour transformer le manganèse sur place

À Paris, l'État gabonais et le groupe minier ont posé les bases d'une transformation locale renforcée du manganèse.

Un accord-cadre a été signé entre le Gabon et Eramet à Paris, en marge d'une visite du président Brice Clotaire Oligui Nguema. L'objectif affiché : transformer davantage le manganèse gabonais sur le sol national plutôt que de l'exporter brut. Les modalités précises de mise en œuvre restent toutefois à préciser dans les prochaines semaines.

Installations minières de manganèse à Moanda au Gabon
Gouvernement gabonais

Un accord au terme de plusieurs mois de discussions

C'est l'un des moments marquants de la visite stratégique du président de la République à Paris : la signature d'un accord-cadre entre le Gabon et le groupe minier Eramet, après plusieurs mois de négociations. Ce texte doit poser les bases d'une nouvelle étape dans l'exploitation du manganèse gabonais, dont le pays est l'un des principaux producteurs mondiaux via la Comilog, filiale historique d'Eramet implantée à Moanda, dans le Haut-Ogooué.

Depuis des décennies, l'essentiel du minerai extrait est expédié brut vers les usines de transformation à l'étranger. La transformation locale consiste à traiter davantage de matière première sur le territoire national avant export, ce qui permet de créer plus de valeur ajoutée, donc plus de recettes et d'emplois qualifiés au Gabon, plutôt qu'ailleurs.

Ce que cela pourrait changer pour Moanda et le Haut-Ogooué

Pour les habitants du bassin minier, l'enjeu est concret : chaque étape de transformation supplémentaire réalisée sur place peut se traduire par des emplois dans les usines, de la sous-traitance locale et davantage de retombées économiques pour une région qui vit largement du manganèse depuis l'ouverture des premières mines. C'est aussi une manière de répondre à une revendication ancienne des populations concernées, qui demandent depuis longtemps que la richesse extraite du sol gabonais profite davantage au pays.

À ce stade, le contenu détaillé de l'accord — calendrier de mise en œuvre, volumes concernés, nature des investissements ou nombre d'emplois attendus — n'a pas encore été précisé publiquement. Ces éléments devront être clarifiés par les parties dans les prochaines semaines pour mesurer la portée réelle de cet engagement.

Une signature qui s'inscrit dans un déplacement présidentiel

L'accord a été paraphé en marge d'un déplacement du chef de l'État à Paris, où siège le groupe Eramet. Ce cadre de discussion, une fois ses détails connus, permettra de vérifier si les intentions affichées se traduisent par des engagements chiffrés et vérifiables, notamment sur l'emploi local et la part de manganèse transformé avant export.

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