Gabon–FMI : Libreville prend le temps avant de signer
L'État attend les résultats de l'audit de la dette avant de conclure avec le Fonds monétaire international.
Les discussions entre le Gabon et le Fonds monétaire international marquent une pause. Plutôt que de foncer, Libreville veut d'abord connaître l'état exact de sa dette publique. En parallèle, le fisc affiche l'ambition de récolter davantage d'argent… sans toucher au portefeuille des ménages.

Un accord attendu, mais reporté
On pensait l'accord tout proche. Après les réunions de printemps, beaucoup s'attendaient à voir le Gabon et le Fonds monétaire international (FMI) — l'institution qui aide les États à gérer leurs finances — sceller un nouveau programme.
Mais Libreville a choisi la prudence. Selon nos informations, le gouvernement préfère temporiser jusqu'à la publication des résultats de l'audit de la dette publique, attendus vers la mi-juillet.
Autrement dit : avant de s'engager, l'État veut savoir précisément combien il doit et à qui. Une manière de négocier en connaissance de cause.
Pourquoi cet audit compte pour tout le monde
Un audit de la dette, c'est comme faire ses comptes en détail avant de prendre une décision importante. On vérifie chaque emprunt, chaque échéance, chaque engagement.
Ce travail est loin d'être un simple exercice technique. La dette, ce sont les remboursements qui pèsent chaque année sur le budget de l'État — donc, indirectement, sur les moyens disponibles pour les écoles, les routes, les hôpitaux.
En attendant des chiffres fiables, le gouvernement se donne les moyens de discuter d'égal à égal avec le FMI. La signature n'est pas abandonnée : elle est décalée, le temps d'y voir clair.
Le fisc vise 347 milliards de plus, sans nouvel impôt
En parallèle, une autre annonce mérite l'attention des Gabonais. La Direction générale des impôts (DGI) s'est fixé un objectif ambitieux dans son Plan stratégique 2025-2027.
L'idée : faire passer les recettes fiscales de 1 002,2 milliards FCFA en 2023 à 1 349,7 milliards FCFA en 2027. Soit un gain d'environ 347,5 milliards FCFA en quatre ans.
Le point qui parle à tout le monde : cet objectif serait atteint sans augmenter les impôts. Le pari repose plutôt sur une meilleure organisation et un recouvrement plus efficace de ce qui est déjà dû.
Ce que ça change pour les Gabonais
Pour le citoyen de Libreville, Port-Gentil ou Franceville, ces deux dossiers avancent dans la même direction : remettre les finances publiques sur des bases solides.
Mobiliser plus d'argent sans alourdir la charge des ménages, et négocier avec le FMI une fois la dette clarifiée, c'est chercher à préserver la marge de manœuvre de l'État.
La suite se jouera après la publication de l'audit. Ce sont ces résultats qui diront quel programme le Gabon peut négocier, et à quelles conditions. À suivre de près.
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