Économie

Gabon : les régulateurs financiers d'Afrique centrale et de l'Ouest signent un pacte de coopération

La COSUMAF, basée à Libreville, officialise une convention tripartite avec la CIMA et l'AMF-UMOA pour mieux surveiller les marchés financiers.

Trois institutions qui veillent sur l'argent des épargnants et des investisseurs en Afrique francophone viennent de signer une convention tripartite. D'un côté la COSUMAF, le gendarme des marchés financiers d'Afrique centrale dont le siège est à Libreville. De l'autre, la CIMA, qui encadre les assurances, et l'AMF-UMOA, son équivalent pour l'Afrique de l'Ouest. Une signature qui, sur le papier, rapproche deux zones qui avaient jusqu'ici peu de raisons de se parler.

Bâtiment administratif symbolisant les institutions financières régionales à Libreville
La COSUMAF, régulateur des marchés financiers d'Afrique centrale, a son siège à Libreville.

Trois sigles, une même mission : protéger l'épargne

Pour beaucoup de Gabonais, ces trois noms ne disent rien. Pourtant, la COSUMAF (Commission de Surveillance du Marché Financier de l'Afrique Centrale) est l'organisme qui, depuis Libreville, contrôle les acteurs qui manipulent l'argent des épargnants dans la zone CEMAC : Gabon, Cameroun, Congo, Tchad, Centrafrique et Guinée équatoriale. Elle veille à ce que les sociétés qui émettent des actions ou des obligations respectent les règles, et à ce que les épargnants ne se retrouvent pas floués.

La CIMA, elle, s'occupe des assurances pour une quinzaine de pays d'Afrique centrale et de l'Ouest. Quant à l'AMF-UMOA, c'est en quelque sorte la cousine de la COSUMAF, mais pour la zone ouest-africaine, celle du franc CFA UMOA — Sénégal, Côte d'Ivoire, Mali, Bénin et leurs voisins.

Une convention entre deux mondes financiers qui se parlaient peu

Selon les informations transmises par le ministère de l'Économie et des Finances, une convention tripartite a été signée entre ces trois institutions. Jusqu'à présent, chaque zone monétaire — CEMAC d'un côté, UMOA de l'autre — avait ses propres règles, ses propres contrôles, et communiquait finalement assez peu avec sa voisine, malgré des marchés financiers de taille comparable et des enjeux souvent identiques.

Ce texte formalise un cadre d'échange entre les trois régulateurs. Concrètement, ce type d'accord permet en général de partager des informations sur les acteurs financiers qui opèrent dans les deux zones, de coordonner la surveillance de sociétés qui pourraient être tentées de lever des fonds ici ou là sans respecter les mêmes règles partout, et d'harmoniser progressivement les pratiques de contrôle.

Qu'est-ce que ça change pour les Gabonais ?

On touche là à un sujet technique, loin du quotidien immédiat de la ménagère du marché d'Awendjé. Mais l'enjeu concerne directement ceux qui épargnent, qui investissent en Bourse ou qui souscrivent une assurance : plus les régulateurs se parlent entre zones, plus il devient difficile pour une société malhonnête de contourner les contrôles en changeant simplement de pays d'implantation.

Cette coopération s'inscrit aussi dans un mouvement plus large : celui d'une intégration financière entre l'Afrique centrale et l'Afrique de l'Ouest, deux zones qui partagent la même monnaie régionale mais dont les marchés de capitaux restent, aujourd'hui encore, largement séparés.

Prudence de rigueur sur les détails

À ce stade, une seule source institutionnelle confirme la signature de cette convention. Ni le lieu exact, ni la date précise, ni les signataires ne sont pour l'instant détaillés publiquement de façon exhaustive. Nous mettrons à jour cet article dès que le contenu complet de l'accord et ses modalités d'application seront précisés.

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