Société

Grossesse : pourquoi les moustiques vous piquent deux fois plus

Le corps des femmes enceintes attire davantage les moustiques, un risque à ne pas négliger au Gabon.

Enceinte, on respire plus, on transpire plus, on dégage plus de chaleur — et les moustiques adorent ça. Selon des travaux scientifiques récents, les femmes enceintes seraient deux fois plus exposées aux piqûres que les autres. Une info qui prend un tout autre sens ici, en zone de paludisme.

Femme enceinte accrochant une moustiquaire au-dessus d'un lit
Dormir sous moustiquaire reste le geste de protection le plus efficace pendant la grossesse.

Un corps qui devient un aimant à moustiques

Ce n'est pas une impression, ni une malchance. Pendant la grossesse, l'organisme tourne à un régime plus élevé : le volume sanguin augmente, le métabolisme s'accélère, la température corporelle grimpe légèrement. Résultat, le corps rejette plus de dioxyde de carbone et dégage davantage de chaleur — deux signaux que les moustiques savent repérer à distance, même dans le noir d'une chambre à Akanda ou d'une case à Lambaréné.

Ces changements physiologiques transforment la future maman en cible privilégiée. Selon des travaux relayés récemment, le risque de piqûre serait multiplié par deux par rapport à une femme non enceinte. Une donnée qui reste à confirmer par d'autres études, mais qui colle à ce que rapportent depuis longtemps les sages-femmes de terrain, un peu partout en Afrique centrale.

Ce que ça change concrètement pour les Gabonaises

Au Gabon, où le paludisme reste une réalité quotidienne, cette vulnérabilité accrue n'est pas un détail. Une piqûre infectante pendant la grossesse peut entraîner des complications sérieuses : anémie chez la mère, retard de croissance du fœtus, accouchement prématuré. C'est précisément pour cela que les centres de santé maternelle, à Libreville comme dans les provinces, insistent sur la moustiquaire imprégnée dès le premier trimestre.

Les gestes restent simples et connus, mais gagnent en importance pendant neuf mois : dormir sous moustiquaire, porter des vêtements couvrants le soir, éliminer les eaux stagnantes autour de la maison, et surtout consulter rapidement en cas de fièvre. Les femmes enceintes bénéficient d'ailleurs, dans les formations sanitaires publiques, d'un traitement préventif intermittent contre le paludisme, remis gratuitement lors des visites prénatales.

Retenir l'essentiel

Être enceinte, c'est déjà surveiller son alimentation, son sommeil, ses rendez-vous médicaux. Ajouter la vigilance anti-moustique à cette liste peut sembler lourd, mais c'est un geste de plus qui protège deux vies à la fois. La moustiquaire n'a rien d'accessoire : c'est une barrière simple contre un risque réel, doublé pendant la grossesse.

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