Société

L'Église spiritaine du Gabon devient autonome, une page se tourne

Le responsable mondial des Spiritains a rencontré Oligui Nguema pour acter un tournant dans l'histoire religieuse du pays.

Alain Mayama, Supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit, a été reçu ce week-end au Palais du bord de mer. Au menu de l'entretien : l'autonomie désormais acquise de l'Église spiritaine gabonaise et la poursuite de son engagement dans l'éducation et le social.

Le président gabonais serrant la main du Supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit lors d'une audience officielle
Le Supérieur général des Spiritains, Alain Mayama, reçu en audience par le président Brice Clotaire Oligui Nguema à Libreville.

Ce n'est pas tous les jours qu'un responsable religieux venu de Rome traverse Libreville pour saluer une étape franchie par les siens. Samedi, Alain Mayama, Supérieur général et responsable mondial de la Congrégation du Saint-Esprit, plus connue sous le nom de Spiritains, a été reçu en audience par le président Brice Clotaire Oligui Nguema.

Une congrégation qui passe la main aux Gabonais

Les Spiritains sont présents au Gabon depuis des générations, notamment dans les écoles et les œuvres sociales portées par l'Église catholique. Ce qui change aujourd'hui : la branche gabonaise de la congrégation est désormais jugée suffisamment autonome pour s'appuyer davantage sur ses propres responsables locaux, plutôt que sur une tutelle venue de l'extérieur.

Concrètement, cela signifie que des prêtres et des cadres gabonais vont prendre plus de place dans le pilotage des projets menés par la congrégation dans le pays. Un signal de maturité pour une institution religieuse enracinée depuis longtemps dans le quotidien des Gabonais, entre paroisses, collèges et centres de santé.

Le social au cœur de l'échange

Selon le compte rendu de la présidence, la rencontre a mis en lumière une convergence entre la vision du chef de l'État et l'évolution de la congrégation sur le terrain. Les Spiritains, qui accompagnent historiquement le pays dans l'éducation, entendent désormais réorienter une partie de leur engagement vers l'accompagnement des projets de développement portés localement.

C'est là que l'affaire concerne directement les familles gabonaises : moins une question de hiérarchie religieuse qu'une promesse de continuité pour des écoles et des œuvres sociales qui, dans certains quartiers de Libreville ou de l'intérieur du pays, tiennent lieu de service public de proximité.

Une visite protocolaire, un message de fond

Au cours de l'entretien, Alain Mayama a présenté ses civilités et ses félicitations au chef de l'État pour son action à la tête de la Nation. Une formule de courtoisie classique, mais qui s'inscrit dans un climat de dialogue affiché entre les autorités et les confessions religieuses présentes dans le pays.

Pour les communautés qui vivent au quotidien avec les œuvres spiritaines, écoles Bessieux ou dispensaires tenus par des religieux, ce passage au Palais du bord de mer confirme surtout une chose : la congrégation ne plie pas bagage, elle change de génération de responsables tout en gardant le cap sur l'éducation et le soutien aux plus fragiles.

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