Société

La Cour des comptes veut mordre plus fort sur les finances publiques

Le premier président Alex Euv Moutsiangou annonce une série de réformes pour transformer la juridiction financière avant une cérémonie clé le 16 juillet 2026.

À la veille d'une cérémonie officielle programmée le 16 juillet 2026, le premier président de la Cour des comptes a levé le voile sur un vaste chantier de modernisation. Plan stratégique, code de déontologie, recueil de jurisprudence : l'institution qui surveille l'argent public promet de ne plus se limiter à vérifier des colonnes de chiffres.

Bâtiment institutionnel évoquant la Cour des comptes du Gabon
La Cour des comptes du Gabon annonce une réforme de son fonctionnement avant une cérémonie prévue le 16 juillet 2026.

Pour beaucoup de Gabonais, la Cour des comptes reste une institution lointaine, associée à des rapports épais que personne ne lit vraiment. Alex Euv Moutsiangou, son premier président, veut changer cette image. Selon nos informations, il a annoncé une refonte en profondeur du fonctionnement de la juridiction financière, à quelques jours d'une cérémonie officielle fixée au 16 juillet 2026.

Une institution qui veut sortir de l'ombre

Jusqu'ici, la mission de la Cour des comptes se résumait souvent, dans l'esprit du grand public, à un contrôle technique et discret des dépenses de l'État. Le message envoyé par son premier président tranche avec cette perception. « La Cour des comptes ne se contentera plus de vérifier les comptes », a-t-il affirmé, signalant une ambition plus large : peser réellement sur la gestion des deniers publics.

Cela signifie, concrètement, que l'institution entend s'inscrire dans une logique d'accompagnement et pas seulement de sanction ou de constat. Une nuance qui compte pour les administrations et les collectivités locales, souvent démunies face à des règles budgétaires complexes.

Quatre outils pour changer la donne

Le chantier annoncé repose sur plusieurs piliers. Un plan stratégique doit fixer le cap des prochaines années. Un code de déontologie viendra encadrer le comportement des magistrats financiers eux-mêmes, histoire de renforcer la crédibilité de l'institution qui juge les autres. Un recueil de jurisprudence doit permettre d'harmoniser les décisions rendues, pour éviter que deux dossiers similaires ne connaissent des issues différentes. Enfin, un plan de formation vise à professionnaliser davantage les équipes chargées d'examiner les comptes publics.

Pris isolément, chacun de ces outils paraît technique. Mis ensemble, ils dessinent une institution qui cherche à se doter d'une doctrine claire, plutôt que d'avancer au cas par cas.

Et pour les Gabonais, qu'est-ce que ça change ?

Une Cour des comptes plus outillée et plus lisible, c'est en théorie un meilleur filet de sécurité contre les dérapages budgétaires, qu'ils soient le fait de l'État, d'une mairie ou d'un établissement public. Chaque franc CFA mal employé dans un projet public, c'est un franc qui manque pour une route, un hôpital ou une école. Renforcer le contrôle en amont, c'est aussi une manière de protéger l'argent du contribuable.

Reste que ces annonces relèvent, à ce stade, d'engagements et d'intentions présentés par le premier président lui-même. La cérémonie du 16 juillet 2026 devrait permettre d'en savoir davantage sur le calendrier concret de mise en œuvre. Le Crieur suivra ce dossier, notamment pour vérifier si ces promesses de transparence se traduisent, sur le terrain, par des rapports plus accessibles et des sanctions plus visibles en cas de mauvaise gestion.

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