Société

Le Gabon se dote d'une nouvelle stratégie pour sa biodiversité

Le pays aligne sa politique environnementale sur l'accord mondial de Kunming-Montréal, censé protéger un tiers de la planète d'ici 2030.

Le Gabon a validé une nouvelle stratégie nationale de préservation de la biodiversité, calée sur le cadre international adopté fin 2022 à Montréal. Une démarche pilotée par le ministère des Eaux et Forêts, dans un pays qui abrite l'une des dernières grandes forêts tropicales du monde. Reste à savoir ce que cette feuille de route changera concrètement pour les villages riverains des parcs et les familles confrontées aux éléphants.

Forêt tropicale du Gabon vue aérienne avec éléphants à proximité d'un village
La forêt gabonaise abrite une biodiversité exceptionnelle, mais aussi des tensions bien réelles entre faune sauvage et populations riveraines.

Un cadre mondial, une déclinaison gabonaise

Le cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, adopté en 2022 par la quasi-totalité des pays de la planète, fixe un objectif ambitieux : protéger 30 % des terres et des mers d'ici 2030. Chaque État signataire doit traduire cet engagement dans une stratégie nationale, avec ses propres priorités et son propre calendrier.

C'est cette déclinaison gabonaise qui vient d'être validée. Le ministre des Eaux et Forêts, de l'Environnement, du Climat, chargé du Conflit Homme-Faune, Maurice Ntossui Allogho, a pris part aux travaux d'adoption de ce document, qui doit désormais guider la politique de conservation du pays pour les années à venir.

Pourquoi ça compte pour le pays

Le Gabon met souvent en avant son statut de pays quasi entièrement recouvert de forêt, refuge d'espèces emblématiques comme l'éléphant de forêt ou le gorille des plaines. Mais cette richesse a un revers bien connu des habitants des zones rurales : les conflits entre l'homme et la faune, quand les cultures vivrières sont dévastées par des troupeaux d'éléphants ou que des villages se retrouvent en première ligne face à la faune sauvage.

Le fait que ce dossier soit explicitement rattaché au portefeuille du ministre chargé de l'Environnement n'est pas un détail administratif : il signale que la nouvelle stratégie ne se limite pas à la protection des espèces sur le papier, mais doit aussi composer avec le quotidien de ceux qui vivent au bord des forêts et des parcs nationaux.

Ce qu'il faut suivre maintenant

À ce stade, les grandes lignes précises de la stratégie — zones concernées, moyens engagés, échéances intermédiaires — n'ont pas encore été détaillées publiquement dans leur intégralité. Ce sera la prochaine étape à surveiller : la manière dont ce document se traduira en actions sur le terrain, dans les villages comme dans les aires protégées, déterminera si l'objectif de Kunming-Montréal reste une promesse internationale ou devient une réalité vécue par les Gabonais.

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