Société

Le numérique appelé à apaiser la cohabitation avec les éléphants

L'ANINF a reçu une délégation venue du Kenya pour discuter d'un projet censé réduire les tensions entre villageois et éléphants dans les zones forestières du Gabon.

Ce jeudi, l'Agence Nationale des Infrastructures Numériques et des Fréquences a accueilli une délégation internationale peu banale. Il n'était pas question de fibre optique ou de couverture mobile, mais d'éléphants et de leurs incursions dans les champs et les villages. Un dossier qui parle directement à ceux qui vivent en lisière de forêt.

Réunion entre responsables gabonais et délégation internationale dans une salle de bureau.
La délégation kényane a été reçue ce jeudi au siège de l'ANINF, à Libreville.

Une rencontre qui sort de l'ordinaire

L'ANINF, dirigée par Alberto Wenceslas Moungenguni Moudoki, a reçu dans ses locaux une délégation d'AB Entheos, une organisation basée au Kenya. Cette structure agit pour le compte de la Wildlife Conservation Society (WCS), une ONG internationale de protection de la nature bien implantée sur le continent africain.

Leur venue s'inscrit dans un projet baptisé « Coexistence pacifique entre l'Homme et l'Éléphant ». Un intitulé qui résume, mieux qu'un long discours, le problème que vivent chaque saison des familles installées près des massifs forestiers gabonais : cultures piétinées, greniers défoncés, parfois la peur au ventre à la tombée de la nuit.

Le numérique convoqué pour calmer les tensions

Selon nos informations, ce programme est financé par l'Initiative pour les Forêts d'Afrique Centrale (CAFI), un mécanisme de bailleurs internationaux qui soutient la préservation du couvert forestier de la sous-région. En s'associant à l'ANINF, régulateur gabonais du numérique et des fréquences, le projet entend s'appuyer sur des outils technologiques pour anticiper les déplacements d'éléphants et réduire les intrusions dans les zones habitées.

Les modalités précises de ce dispositif n'ont pas encore été détaillées publiquement. Mais l'idée générale rejoint une tendance déjà observée ailleurs sur le continent : utiliser la technologie, plutôt que la seule surveillance humaine, pour prévenir les conflits avant qu'ils ne tournent au drame — pour les hommes comme pour les pachydermes, souvent tués en représailles.

Ce que ça change pour les riverains

Pour les populations rurales, l'enjeu est très concret. Une alerte précoce, un système de suivi des troupeaux, ou tout autre outil capable de prévenir une communauté avant l'arrivée des éléphants, peut faire la différence entre une récolte sauvée et une saison perdue. C'est aussi une manière d'éviter que la cohabitation ne dégénère en affrontement, comme cela arrive parfois dans les zones les plus exposées, notamment autour des massifs forestiers du sud et de l'est du pays.

Le projet reste à ses débuts et ses résultats concrets sur le terrain devront être suivis dans la durée. Mais la démarche illustre une évolution intéressante : mettre les infrastructures numériques gabonaises au service d'un problème de tous les jours, loin des seules questions de connexion internet ou de téléphonie.

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