Société

Nos poissons, notre santé : deux ans d'enquête sur la pollution marine gabonaise

À Libreville, chercheurs et partenaires ont livré les résultats d'une étude inédite sur l'état des côtes et des ressources halieutiques du Gabon.

Deux années de travaux scientifiques sur la pollution des écosystèmes côtiers et marins du Gabon ont été restituées mercredi dernier à l'Institut français du Gabon. Une étude qui touche directement à ce que mangent des milliers de familles gabonaises : le poisson.

Pirogues de pêcheurs sur une plage du littoral gabonais
Le littoral gabonais, entre activité de pêche et enjeux environnementaux croissants.

Dans la salle de l'Institut français du Gabon, il n'y avait pas que des scientifiques en blouse. Il y avait aussi, en filigrane, les pêcheurs d'Owendo, les vendeuses de poisson du marché Mont-Bouët, et tous ceux dont l'assiette dépend de la mer. Car c'est bien de cela qu'il s'agissait mercredi dernier : de la santé de nos côtes et, par ricochet, de la nôtre.

Le projet, porté dans le cadre du Fonds Équipe France de la 3e Conférence des Nations Unies sur l'Océan (FEF UNOC 3), a mobilisé pendant deux ans des équipes de recherche pour cartographier l'état de la pollution marine au Gabon. Trois axes ont guidé les travaux : l'ampleur des pollutions elles-mêmes, leurs conséquences sur les ressources halieutiques, et leurs effets sur la santé des populations riveraines.

Ce que la science regarde, les familles le vivent

Derrière les mots techniques, une question simple : le poisson qu'on achète au marché est-il sûr ? C'est tout l'enjeu du volet consacré aux ressources halieutiques, ce vocabulaire savant pour désigner tout ce que la mer et les rivières nous donnent à pêcher. Quand un écosystème côtier se dégrade, ce sont les stocks de poisson qui trinquent, et avec eux les revenus de familles entières le long du littoral, de Port-Gentil à Cocobeach.

La représentante de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) pour l'Afrique centrale, la Dr. Odile Ouwe, a présenté ces résultats aux partenaires réunis. Au-delà du diagnostic, l'objectif affiché du projet est aussi de renforcer les capacités scientifiques nationales : autrement dit, permettre aux chercheurs gabonais de mener eux-mêmes, demain, ce type de suivi sans dépendre d'expertises extérieures.

Une base pour agir, pas seulement pour constater

Ce genre de restitution n'a de sens que si elle débouche sur des décisions concrètes. Connaître précisément où et comment la pollution frappe nos côtes, c'est la première étape pour protéger les zones de pêche, orienter les politiques publiques et informer les communautés côtières sur les précautions à prendre.

Pour les familles qui vivent de la mer, l'enjeu dépasse la seule curiosité scientifique. C'est une question de sécurité alimentaire et de revenus. Les prochaines étapes du projet, non encore détaillées lors de cette restitution, devraient permettre de savoir comment ces données seront traduites en actions sur le terrain, au bénéfice des pêcheurs et des consommateurs gabonais.

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