Économie

Or du Gabon : les sociétés minières sommées de montrer leurs papiers

Dès le 16 juillet 2026, le ministère des Mines passera au tamis les dossiers de toutes les sociétés aurifères du pays.

Le ministère des Mines annonce une opération de contrôle inédite dans le secteur de l'or gabonais. À partir du 16 juillet 2026, chaque société détentrice d'un titre minier aurifère devra présenter ses dossiers administratifs, techniques et financiers à un examen obligatoire. Objectif affiché : remettre de l'ordre dans un secteur souvent associé, sur le terrain, à des pratiques floues.

Site d'exploitation d'or avec bassins de lavage et engins au Gabon
Un site d'exploitation aurifère dans une province minière du Gabon, illustration.

Dans les zones aurifères du Gabon, de la Ngounié au Haut-Ogooué en passant par les rivières de Minkébé, on connaît bien la scène : des trous creusés à la pelle, des motopompes qui tournent jour et nuit, et des titres d'exploitation dont personne, au village, ne sait vraiment qui les détient. C'est justement cette zone grise que le ministère des Mines veut éclaircir.

Un rendez-vous obligatoire pour toutes les sociétés

Selon nos informations, la mesure ne fait pas de distinction entre petites structures locales et grands opérateurs : toutes les sociétés titulaires d'un permis aurifère devront se soumettre à cette session d'examen, dès le 16 juillet 2026. Les dossiers passés au crible porteront sur trois volets : l'administratif, le technique et le financier.

Concrètement, cela signifie vérifier que le titre minier est bien en règle, que l'exploitant a les moyens et les compétences déclarés pour extraire l'or dans les conditions prévues, et que les obligations financières envers l'État sont respectées. Rien d'exotique sur le papier, mais un vrai changement de méthode pour un secteur où, jusqu'ici, le contrôle sur le terrain restait souvent théorique.

Ce que ça peut changer pour les riverains des sites

Autour des gisements, les habitants vivent au quotidien avec les conséquences de l'orpaillage : rivières troublées, pistes défoncées par les camions, et parfois des conflits d'usage sur les terres. Assainir les titres, c'est aussi identifier clairement qui est responsable de quoi, et donc qui doit répondre des dégâts environnementaux ou des promesses non tenues envers les communautés.

Pour l'État, l'enjeu est également budgétaire. Un secteur mieux contrôlé, ce sont des redevances mieux collectées, et potentiellement plus de retombées pour les collectivités concernées. Le Gabon reste un petit producteur d'or comparé à ses voisins, mais la ressource attire, et attire aussi son lot d'opérateurs peu regardants sur les règles.

Et maintenant ?

Cette annonce reste, à ce stade, celle d'une opération à venir : elle n'a pas encore produit ses résultats. La vraie mesure de son efficacité se jouera dans les semaines suivant le 16 juillet 2026, quand on saura combien de titres auront été régularisés, suspendus ou retirés. Pour les populations riveraines des zones aurifères, c'est cette suite concrète qui comptera, bien plus que l'annonce elle-même.

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