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Pourquoo l'ambassade de Chine publie désormais son propre bulletin à Libreville

À travers «Chine Briefing», la diplomatie chinoise soigne son image auprès des Gabonais, entre culture, économie et récit politique.

L'ambassade de Chine au Gabon a lancé un bulletin périodique baptisé «Chine Briefing», consacré à la coopération bilatérale et à l'actualité de Pékin. La quatrième édition de l'année, datée du 9 juillet, mêle diplomatie, économie et culture dans un même récit, soigneusement construit. Une manière, discrète mais méthodique, de raconter la Chine depuis Libreville.

Bâtiment de l'ambassade de Chine à Libreville, illustration de la diplomatie chinoise au Gabon
L'ambassade de Chine au Gabon publie désormais un bulletin périodique consacré à la coopération bilatérale.

Sur le papier, c'est un simple bulletin d'information. Dans les faits, c'est un outil de communication pensé dans les moindres détails. «Chine Briefing» est édité par l'ambassade de Chine au Gabon et distribué à un public choisi : institutions, médias, partenaires économiques. Sa quatrième livraison de l'année, parue le 9 juillet, donne le ton d'une stratégie qui ne doit rien au hasard.

Un récit à trois voix : diplomatie, économie, culture

Le bulletin s'organise autour de plusieurs rubriques qui reviennent d'un numéro à l'autre. On y trouve les temps forts de la coopération bilatérale entre Libreville et Pékin, des données économiques présentées sous un jour favorable, mais aussi des pages consacrées à la culture chinoise – traditions, anniversaires nationaux, échanges universitaires. L'idée n'est pas de vendre un produit, mais une image d'ensemble : celle d'un partenaire stable, présent au quotidien, et proche des préoccupations gabonaises.

Ce type de communication n'est pas propre au Gabon. Pékin multiplie depuis plusieurs années ces bulletins d'ambassade sur le continent africain, dans le cadre de ce que les diplomates appellent le soft power – littéralement, la capacité à influencer par la culture et l'image plutôt que par la contrainte. Le Gabon, partenaire historique de la Chine en Afrique centrale, n'échappe pas à cette logique.

Et pour les Gabonais, qu'est-ce que ça change concrètement ?

À Libreville, la présence chinoise ne se limite pas aux grands chantiers d'infrastructures ou aux échanges commerciaux déjà connus du grand public. Elle passe aussi, désormais, par ce travail de communication régulière, qui vise à rendre plus visibles et plus lisibles les projets menés conjointement par les deux pays.

Pour l'instant, ce bulletin reste avant tout un outil destiné aux décideurs et aux relais d'opinion, plus qu'au grand public gabonais. Mais il illustre une réalité que beaucoup de Libreville sentent sans toujours la nommer : la relation avec la Chine ne se joue pas seulement sur les chantiers ou dans les statistiques commerciales, elle se joue aussi dans le récit qu'on en fait.

Reste à voir si cette communication se traduira, dans les mois qui viennent, par une plus grande transparence sur les projets en cours au Gabon – ce qui, pour les habitants directement concernés par certains chantiers, serait sans doute la retombée la plus utile de cette stratégie d'image.

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