Économie

RNI : la taxe méconnue qui vise les armateurs sur nos fleuves

La Compagnie nationale de la navigation intérieure et internationale détaille une redevance remise en vigueur depuis 2024.

Elle dormait dans les textes depuis des années. La redevance de navigation intérieure (RNI) est de retour, et elle concerne directement les armateurs qui exploitent les voies fluviales et lagunaires du pays. La Compagnie nationale de la navigation intérieure et internationale (CNNII) en détaille les contours à travers son directeur financier et comptable, Richard Adzabe Ella.

Embarcation de transport fluvial sur un fleuve au Gabon
La navigation intérieure irrigue de nombreuses localités gabonaises, notamment là où la route manque.

Une redevance qui refait surface

Peu de Gabonais en avaient entendu parler avant cette année. La RNI, ou redevance de navigation intérieure, s'applique aux armateurs qui font circuler leurs embarcations sur les fleuves, lagunes et voies d'eau intérieures du pays. Selon le directeur financier et comptable de la CNNII, Richard Adzabe Ella, ce dispositif existait déjà dans les textes mais n'était plus vraiment appliqué. Il a été réactivé en 2024.

Derrière cette remise en route, un objectif simple : faire contribuer les opérateurs qui utilisent les voies navigables à leur entretien et à leur régulation. Concrètement, chaque armateur qui transporte marchandises ou passagers sur ces axes fluviaux entre désormais dans le champ de cette redevance.

Qui est concerné, et pourquoi maintenant

La CNNII, en charge de la navigation intérieure et internationale, se positionne comme l'interlocuteur des armateurs sur ce dossier. D'après les explications recueillies, la redevance ne vise pas les usagers ordinaires ni les pêcheurs artisanaux, mais bien les compagnies et opérateurs qui exploitent commercialement les voies d'eau. Le montant exact et les modalités précises de collecte restent à préciser par les autorités compétentes.

Cette clarification intervient alors que le secteur du transport fluvial reste un maillon discret mais essentiel de la vie économique dans plusieurs régions, notamment là où la route ne suffit pas à désenclaver villages et petites localités.

Ce que ça change concrètement

Pour les armateurs, la remise en vigueur de la RNI signifie une nouvelle ligne de charges à intégrer dans leur exploitation. Pour l'État et la CNNII, c'est une ressource supplémentaire, potentiellement réinvestie dans l'entretien des voies navigables et la sécurité des usagers.

Reste à voir comment cette redevance sera appliquée sur le terrain, et si son produit se traduira, à terme, par des voies d'eau mieux entretenues et une navigation plus sûre pour les riverains qui en dépendent au quotidien.

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