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Sénégal : le président Faye crée son propre parti après la rupture avec Sonko

À Dakar, le chef de l'État sénégalais a lancé samedi sa formation Kiiraay, les Patriotes Républicains, actant sa séparation politique avec son ancien mentor.

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a officiellement lancé, samedi 25 juillet à Dakar, sa propre formation politique baptisée Kiiraay, les Patriotes Républicains. Un geste qui confirme la rupture, déjà pressentie, entre le chef de l'État et Ousmane Sonko, figure du Pastef qui l'avait porté au pouvoir.

Salle de conférence à Dakar lors d'un événement politique
Le nouveau parti présidentiel a été présenté samedi lors d'une assemblée générale à Dakar.

Une naissance à huis clos, une portée régionale

C'est dans un hôtel de la capitale sénégalaise que le nouveau parti a été présenté, lors d'une assemblée générale constitutive. Sa devise, La Patrie d'abord, donne le ton d'une formation qui veut incarner un ancrage national fort, loin des logiques de clan.

Pour les Gabonais qui suivent l'actualité de la sous-région, ce mouvement illustre une réalité bien connue : au Sénégal comme ailleurs en Afrique de l'Ouest, les alliances électorales tiennent rarement au-delà de l'exercice du pouvoir. Diomaye Faye, élu en 2024 sur un ticket commun avec Ousmane Sonko, prend ici ses distances avec celui qui fut son parrain politique au sein du Pastef.

Une rupture qui se précisait depuis des mois

Les tensions entre les deux hommes n'étaient un secret pour personne à Dakar. Le président, arrivé au pouvoir porté par la vague populaire du Pastef, semble désormais vouloir bâtir un outil politique qui lui soit propre, distinct de celui que dirige encore Ousmane Sonko, aujourd'hui Premier ministre.

Cette recomposition intervient à un moment charnière pour le Sénégal, où les prochaines échéances électorales locales et législatives obligeront chaque camp à clarifier ses positions. Un parti présidentiel autonome change la donne pour tous les acteurs de la scène politique sénégalaise, y compris pour ceux qui espéraient une coalition durable entre les deux hommes.

Et pour le Gabon ?

Cette actualité reste avant tout sénégalaise. Mais elle rappelle, par contraste, combien la stabilité des alliances politiques est un enjeu partagé par plusieurs pays du continent, le Gabon y compris, où la recomposition du paysage partisan est aussi scrutée de près depuis la Transition. Les prochaines semaines diront si cette nouvelle formation de Diomaye Faye s'installe durablement dans le jeu politique sénégalais, ou si elle n'est qu'une étape supplémentaire d'une histoire encore en écriture entre les deux hommes forts de Dakar.

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