Société

Sous les arbres de l'Arboretum, les forêts du Gabon en débat

Une quinzaine de chercheurs ont troqué la salle de conférence pour une balade forestière afin de repenser l'avenir des forêts du Bassin du Congo.

Ce jeudi, l'Arboretum Raponda Walker à Libreville a servi de cadre inhabituel à une rencontre scientifique. Chercheurs, doctorants et représentants d'institutions françaises et gabonaises ont marché et discuté ensemble de la gestion durable des forêts tropicales, un enjeu qui dépasse largement le monde académique.

Chercheurs en discussion lors d'une marche forestière à l'Arboretum Raponda Walker près de Libreville
Des chercheurs et représentants d'institutions ont échangé sur la gestion durable des forêts en marchant dans l'Arboretum Raponda Walker.

Marcher pour mieux se parler

Pas de tables ni de micros, mais des sentiers ombragés et des troncs centenaires comme décor. L'Institut de recherche pour le développement (IRD), en lien avec l'initiative One Forest Vision, a organisé ce format original baptisé « Walk & Talk ». Une quinzaine de personnes y ont participé : chercheurs, doctorants, représentants d'institutions gabonaises et françaises, ainsi que des partenaires techniques.

L'idée derrière cette balade collective : sortir du cadre rigide des colloques pour favoriser des échanges plus directs. Se croiser entre deux arbres, discuter d'un projet en marchant, c'est souvent plus efficace qu'une présentation formelle où chacun reste dans son coin.

Le Bassin du Congo, un poumon sous surveillance

Au cœur des discussions : la gestion durable des forêts tropicales du Bassin du Congo, ce vaste massif forestier dont le Gabon fait partie et qui joue un rôle essentiel dans la régulation du climat mondial. Une richesse naturelle que le pays doit à la fois préserver et faire fructifier intelligemment, sans céder ni à l'exploitation sauvage ni à l'immobilisme.

Cette rencontre a permis, selon les organisateurs, de renforcer les liens entre institutions, de mieux faire connaître les projets menés de part et d'autre, et de faire émerger de nouvelles pistes de collaboration scientifique.

Ce que ça change concrètement

On pourrait se demander en quoi une balade entre chercheurs concerne le Gabonais du quotidien. La réponse tient en un mot : coordination. Plus les institutions qui travaillent sur la forêt se connaissent et partagent leurs données, plus les décisions prises en matière de gestion forestière — exploitation, conservation, recherche — ont des chances d'être cohérentes et utiles sur le terrain.

L'Arboretum Raponda Walker, lieu emblématique niché aux portes de Libreville, confirme ainsi son rôle de trait d'union entre recherche scientifique et sensibilisation. Un espace où la forêt gabonaise n'est pas qu'un sujet de rapport, mais un terrain d'apprentissage vivant, à quelques minutes de la capitale.

La collaboration amorcée ce jeudi devrait, selon les organisateurs, se poursuivre à travers de futurs projets communs entre les institutions présentes.

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