Société

TikTok et le Gabon retrouvent le dialogue après la crise de février

Le ministre de l'Économie numérique a reçu les dirigeants régionaux de TikTok pour tenter de fixer des règles claires après la suspension surprise des plateformes en février 2026.

Trois mois après le coup de tonnerre de février, quand Libreville avait coupé l'accès à plusieurs réseaux sociaux, le dialogue reprend. Mark-Alexandre Doumba, ministre de l'Économie numérique, a rencontré des cadres régionaux de TikTok pour poser les bases d'une relation plus stable entre l'État gabonais et la plateforme préférée de la jeunesse. Reste une question qui divise : où placer le curseur entre protection des citoyens et liberté d'expression ?

Un jeune homme regarde son téléphone portable dans une rue de Libreville
L'accès aux réseaux sociaux, et notamment à TikTok, reste central dans le quotidien numérique de nombreux jeunes Gabonais.

Il y a eu un avant et un après février 2026. Ce mois-là, sans prévenir grand monde, le gouvernement avait suspendu temporairement l'accès à plusieurs plateformes numériques, dont TikTok. Pour beaucoup de familles à Libreville, à Port-Gentil ou à Franceville, ce sont surtout les enfants et les ados qui ont vu leur écran devenir muet — pas de vidéos, pas de messages, pas d'explications claires sur la durée de la coupure.

Une rencontre pour tourner la page

Selon nos informations, Mark-Alexandre Doumba a reçu Emir Gelen et Maria Cohn, deux responsables régionaux de TikTok, lors d'une séance de travail présentée comme décisive. L'objectif affiché : établir des règles du jeu claires entre l'entreprise et l'État gabonais, pour éviter qu'un nouveau bras de fer ne débouche, comme en février, sur une coupure qui touche directement le quotidien des usagers.

Ce genre de rencontre, dans le fond, ressemble à une négociation de voisinage après une dispute : chacun vient avec ses arguments, personne n'a envie de revivre la scène qui a mis tout le monde mal à l'aise. Pour les Gabonais qui vivent, travaillent ou vendent leurs produits via ces réseaux, la stabilité compte plus que les grandes déclarations.

Ce que la suspension de février avait révélé

La coupure du début d'année avait mis en lumière une réalité simple : des milliers de jeunes entrepreneurs, de créateurs de contenu et de petits commerçants gabonais dépendent aujourd'hui de TikTok pour se faire connaître, vendre un produit ou simplement garder le contact avec leur communauté. Une suspension, même temporaire, n'est jamais neutre pour ces vies numériques bien réelles.

En parallèle, l'argument gouvernemental évoquait la nécessité de mieux encadrer des contenus jugés problématiques, notamment ceux exposant les plus jeunes à des dérives. La tension entre protection des mineurs et liberté d'expression n'est pas propre au Gabon — plusieurs pays africains et occidentaux se posent la même question — mais elle prend ici une résonance particulière, dans un pays où l'accès à Internet mobile a explosé ces dernières années.

Protéger sans museler : l'équation délicate

Ce qui se joue désormais, c'est la capacité des deux parties à trouver un terrain d'entente durable plutôt qu'à revivre des ruptures brutales. Une régulation mieux pensée pourrait, en théorie, permettre de filtrer les contenus dangereux — harcèlement, désinformation, exposition des enfants — sans priver les usagers ordinaires d'un outil devenu quasi indispensable.

Mais la vigilance reste de mise. Toute mesure présentée comme une protection peut, si elle est mal calibrée, glisser vers une restriction plus large de l'expression en ligne. C'est précisément cet équilibre que la rencontre entre le ministère et TikTok devra clarifier dans les prochains mois, à travers des engagements concrets et vérifiables plutôt que des promesses générales.

Et pour les Gabonais, concrètement ?

Si cette reprise de dialogue aboutit à des règles stables, les usagers gagneraient en tranquillité d'esprit : moins de risques de coupures soudaines, plus de visibilité sur ce qui est autorisé ou non. Pour les jeunes créateurs qui tirent un revenu de leurs vidéos, cette prévisibilité vaut de l'or.

À ce stade, une seule source documente cette rencontre et ses détails précis restent à confirmer. Le Crieur suivra l'évolution de ce dossier, notamment pour savoir si des engagements écrits ou un calendrier de mise en œuvre seront rendus publics dans les semaines à venir.

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