Économie

Transgabonais : le chantier de modernisation relancé au sommet de l'État

Reçu à la présidence, le patron de la SETRAG a évoqué avec Oligui Nguema l'avenir de la seule voie ferrée du pays.

Le Président de la République a reçu le directeur général de la SETRAG, Christian Magni, pour parler de la modernisation du Transgabonais. Une rencontre qui confirme la volonté affichée de remettre à niveau cette ligne unique, colonne vertébrale du transport de marchandises et de voyageurs entre l'intérieur du pays et la côte. Reste à savoir, dans les prochains mois, ce que ces intentions donneront concrètement sur le terrain.

Un train de la SETRAG circulant sur la voie ferrée du Transgabonais en pleine forêt gabonaise
Le Transgabonais, unique ligne ferroviaire du pays, relie Owendo à Franceville sur plus de 650 kilomètres.

Il n'existe qu'une seule voie ferrée au Gabon, et elle porte à elle seule une bonne partie de l'économie du pays. Le Transgabonais, qui relie Owendo, près de Libreville, à Franceville dans le Haut-Ogooué, sur plus de 650 kilomètres, transporte chaque année du manganèse, du bois, et des milliers de voyageurs qui n'ont souvent pas d'autre moyen fiable pour traverser le pays.

C'est autour de cette infrastructure que le chef de l'État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu le directeur général de la Société d'Exploitation du Transgabonais, Christian Magni. Selon nos informations, l'échange a porté sur l'accélération de la modernisation de la ligne, présentée comme un chantier stratégique pour la compétitivité économique du pays.

Une ligne vitale, mais vieillissante

Ceux qui prennent le train entre Libreville et Franceville, ou qui vivent près des gares de Ndjolé, Booué ou Lastoursville, le savent bien : la voie a connu par le passé des incidents et des ralentissements liés à l'état des rails et des ouvrages. Pour les populations de l'intérieur, le Transgabonais n'est pas un détail technique, c'est souvent le seul lien terrestre rapide avec la capitale.

Pour les entreprises minières et forestières qui dépendent du rail pour acheminer leur production vers le port d'Owendo, chaque perturbation se traduit par des retards, des surcoûts, parfois des pertes. Moderniser cette infrastructure, c'est donc autant une question de sécurité des voyageurs que de fiabilité pour toute une chaîne économique.

Ce que la rencontre laisse entrevoir

D'après les éléments disponibles, la présidence a réaffirmé sa volonté de pousser ce dossier, sans que le contenu précis des mesures annoncées soit encore détaillé publiquement. Il s'agit, à ce stade, d'une intention politique clairement exprimée, plus que d'un plan chiffré déjà rendu public.

Cette prudence n'enlève rien à l'importance du signal : quand un chef d'État reçoit personnellement le patron d'une entreprise ferroviaire, c'est rarement un rendez-vous protocolaire sans suite. Reste maintenant à voir comment cette volonté se traduira, dans les prochains mois, en travaux concrets sur les rails, en gares rénovées, ou en trains plus réguliers.

Ce que ça change pour les Gabonais

Si la modernisation annoncée se confirme dans les faits, les premiers bénéficiaires seront les usagers du quotidien : voyageurs de l'intérieur, ouvriers des zones minières, commerçants qui font transiter leurs marchandises par le rail. Un Transgabonais plus fiable, c'est aussi moins de camions sur une route nationale déjà éprouvée, et potentiellement plus d'emplois liés à l'entretien et à l'exploitation de la ligne.

Le Crieur suivra ce dossier de près, notamment pour vérifier, dans les semaines à venir, quelles mesures concrètes suivront cette rencontre entre le chef de l'État et la direction de la SETRAG.

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