Économie

Trois entreprises gabonaises visées pour entrer en Bourse régionale

L'organe de réforme financière de la Cemac a retenu trois sociétés gabonaises parmi les candidats potentiels à une cotation à la BVMAC.

Un communiqué publié le 10 juillet par l'Unité de gestion des réformes des institutions financières de la Cemac confirme que trois sociétés gabonaises figurent parmi les résultats d'un avis à manifestation d'intérêt lancé en mars. L'objectif : préparer l'entrée de nouvelles entreprises à la Bourse des valeurs mobilières de l'Afrique centrale, basée à Douala.

Façade d'un immeuble institutionnel évoquant une institution financière régionale
La Bourse des valeurs mobilières de l'Afrique centrale (BVMAC), basée à Douala, cherche à attirer de nouvelles entreprises pour dynamiser le marché financier régional.

Ça se passe loin des radars du grand public, dans les couloirs feutrés des institutions financières régionales. Et pourtant, ce qui vient d'être annoncé pourrait, à terme, changer la donne pour quelques entreprises gabonaises et, par extension, pour l'épargne des ménages de la sous-région.

L'Unité de gestion des réformes des institutions financières (UGRIF), organe technique de la Cemac chargé de piloter la modernisation du secteur financier régional, a dévoilé les résultats d'un avis à manifestation d'intérêt lancé en mars dernier. Ce dispositif s'inscrit dans un projet de renforcement des capacités du marché financier communautaire. Parmi les candidats retenus à ce stade : trois sociétés gabonaises, désormais positionnées comme futures postulantes à une cotation à la BVMAC, la Bourse des valeurs mobilières de l'Afrique centrale.

Qu'est-ce que la BVMAC, au juste ?

Pour le lecteur qui n'a jamais mis les pieds dans une salle de marché, la BVMAC est la Bourse régionale qui regroupe les six pays de la Cemac — Gabon, Cameroun, Congo, Tchad, République centrafricaine et Guinée équatoriale. C'est là que des entreprises peuvent lever de l'argent en vendant des parts (des actions) ou en empruntant sur les marchés (des obligations), plutôt que de dépendre uniquement des banques.

Aujourd'hui, cette Bourse reste peu fréquentée. Peu d'entreprises de la zone y sont cotées, et le grand public la connaît mal. C'est justement ce que le projet piloté par l'UGRIF cherche à corriger : identifier des sociétés solides, capables de franchir le cap de la cotation, pour donner un peu plus d'épaisseur à ce marché encore balbutiant.

Ce que ça change concrètement pour le Gabon

Si ces trois sociétés gabonaises confirment leur candidature et vont jusqu'au bout du processus, l'intérêt est double. D'abord pour elles-mêmes : entrer en Bourse permet de lever des fonds pour financer des projets d'expansion sans s'endetter uniquement auprès des banques. Ensuite pour le pays : chaque entreprise cotée renforce la visibilité du Gabon sur la scène financière régionale et peut, à terme, ouvrir la voie à d'autres candidatures.

Pour l'instant, les informations disponibles ne précisent ni l'identité des trois sociétés, ni le calendrier retenu pour une éventuelle introduction en Bourse. La prudence est donc de mise : être retenu dans un avis à manifestation d'intérêt n'équivaut pas à une cotation effective. Le chemin comporte encore plusieurs étapes, notamment des audits financiers et des validations réglementaires.

Un signal à suivre

Ce communiqué du 10 juillet reste, à ce stade, un signal encourageant plutôt qu'une annonce définitive. Il confirme néanmoins que le Gabon dispose d'entreprises jugées éligibles à ce type d'ambition, dans un contexte régional où le marché financier de la Cemac cherche encore ses marques.

Reste à voir, dans les prochains mois, si ces trois candidatures se transformeront en cotations concrètes. Le Crieur suivra ce dossier, notamment pour identifier les entreprises concernées dès que l'information sera confirmée par les autorités compétentes.

À lire aussi