66 ans d'indépendance : le Gabon veut faire de sa diaspora un atout économique
Depuis Rabat, le Chef de l'État a tracé les contours d'une diplomatie tournée vers l'investissement et la mobilisation des Gabonais de l'étranger.
Le 17 août, le Gabon a soufflé sa 66e bougie loin de Libreville, à Rabat, où le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a livré un discours de politique étrangère. Au menu : défense des intérêts nationaux, diplomatie économique et appel du pied à la diaspora, appelée à devenir un moteur du développement plutôt qu'une simple source de transferts d'argent.

Un discours de souveraineté, pas seulement de commémoration
Le 17 août 1960, le Gabon accédait à l'indépendance. Soixante-six ans plus tard, jour pour jour, le Chef de l'État a choisi de marquer l'anniversaire non par un simple défilé, mais par un discours de fond, prononcé à l'étranger. Le message est clair : l'indépendance politique de 1960 doit désormais se prolonger par une souveraineté économique effective.
Dans son intervention, le Président a insisté sur la nécessité de défendre les intérêts nationaux dans chaque négociation internationale, qu'elle porte sur les matières premières, les investissements ou les partenariats commerciaux. Un changement de ton assumé, qui s'inscrit dans la continuité des orientations affichées depuis la transition.
La diaspora, nouvelle pièce maîtresse
Autre annonce qui concerne directement des milliers de familles gabonaises : la volonté de mieux associer les Gabonais établis hors du pays à la vie économique nationale. Concrètement, cela signifie faciliter l'investissement de la diaspora dans des projets locaux, du petit commerce aux filières agricoles, plutôt que de la cantonner au seul rôle de pourvoyeuse d'envois d'argent aux familles restées au pays.
Pour un pays comme le Gabon, où de nombreuses familles vivent en partie grâce aux transferts de proches installés en Europe, en Afrique du Nord ou ailleurs, ce changement de statut n'est pas anodin. Transformer un soutien familial en investissement productif, c'est l'objectif affiché par les autorités.
Ce que cela change concrètement
Sur le terrain, cette orientation devra se traduire par des mesures d'accompagnement : simplification des démarches pour investir depuis l'étranger, dispositifs de garantie, ou encore guichets dédiés dans les représentations diplomatiques. Rien n'a encore été détaillé publiquement sur ce calendrier, mais la ligne est posée.
Pour les Gabonais de l'intérieur, l'enjeu est tout aussi direct : une diplomatie économique plus offensive vise, à terme, à attirer davantage d'investissements créateurs d'emplois, notamment dans les régions où le chômage des jeunes reste une préoccupation quotidienne. Le 66e anniversaire de l'indépendance aura donc été l'occasion, à Rabat, de fixer un cap plus que de célébrer un simple souvenir.
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