Culture

À Accra, le boubou d'Oligui fait parler autant que ses discours

En visite d'État au Ghana, le président gabonais a choisi la tenue traditionnelle plutôt que le costume, un geste qui ne passe pas inaperçu.

Lors d'un déplacement officiel à Accra, Brice Clotaire Oligui Nguema s'est présenté en boubou face à son homologue ghanéen vêtu du traditionnel fugu. Un choix vestimentaire qui, selon nos informations, a été remarqué au-delà des cercles diplomatiques et relance le débat sur la place des tenues africaines dans les rendez-vous d'État.

Homme en boubou traditionnel lors d'une cérémonie officielle
Le boubou, tenue traditionnelle portée dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et centrale, lors d'occasions officielles.

Un boubou plutôt qu'un costume

Ce n'est pas un détail qui échappe aux observateurs habitués aux visites présidentielles à l'étranger : costume sombre, cravate, chaussures cirées, le protocole diplomatique impose souvent l'uniforme occidental. À Accra, le président gabonais a rompu avec cette habitude en portant un boubou, face à un président ghanéen lui-même vêtu du fugu, tenue traditionnelle du nord du Ghana.

Selon nos informations, la scène s'est déroulée lors d'une rencontre officielle entre les deux chefs d'État. Rien d'anodin dans ce choix, tant le vêtement, en Afrique, dépasse souvent la simple question de mode pour toucher à l'identité et à la fierté nationale.

Le symbole du vendredi africain

Depuis plusieurs années, une initiative baptisée le vendredi africain encourage les administrations et institutions du continent à porter des tenues traditionnelles ce jour-là, en signe d'affirmation culturelle face à l'uniformisation des codes vestimentaires hérités de la colonisation. Deux chefs d'État en tenue locale lors d'une rencontre bilatérale s'inscrivent, de fait, dans cette dynamique, même si aucune déclaration officielle n'est venue confirmer une volonté délibérée de porter ce message.

Ce genre de scène a une résonance particulière au Gabon, où le boubou reste porté au quotidien dans de nombreux foyers, notamment lors des célébrations familiales ou religieuses, mais reste plus rare sur la scène diplomatique internationale.

Ce que ça change concrètement

Un vêtement ne fait pas une politique, et il serait excessif d'y voir une doctrine. Mais pour beaucoup de Gabonais qui suivent l'actualité de leur président à l'étranger, voir leur chef d'État représenter le pays dans une tenue qui leur parle, plutôt que dans un costume identique à celui porté partout ailleurs dans le monde, a une valeur symbolique réelle.

Reste à voir si ce choix vestimentaire se confirmera lors des prochains déplacements officiels, ou s'il restait circonscrit à cette visite au Ghana. L'affaire, en tout cas, aura suffi à faire parler au-delà des salons diplomatiques.

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