Georges Damas Aleka a désormais sa place à Libreville
L'auteur de l'hymne national gabonais rejoint le marbre du front de mer, soixante-six ans après l'indépendance.
Ce lundi 17 août 2026, à Libreville, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a inauguré la Place de la Concorde Georges Damas Aleka, sur le front de mer. L'ancienne Place de la Concorde porte désormais le nom de l'homme qui a écrit les paroles de l'hymne national gabonais, La Concorde.

Il y a des noms que tout Gabonais connaît sans forcément savoir à qui ils appartiennent. La Concorde, c'est l'hymne que l'on chante debout, la main sur le cœur, depuis l'école primaire. Georges Damas Aleka, c'est l'homme qui en a écrit les mots. Depuis ce lundi, son nom est gravé dans la pierre, au bord de l'océan, à l'endroit même où les Librevillois se retrouvent pour flâner, discuter ou simplement regarder passer les pirogues.
Un lieu du quotidien devenu lieu de mémoire
La Place de la Concorde, tout le monde la connaît à Libreville. C'est là qu'on se donne rendez-vous, qu'on vient prendre l'air en famille le week-end. En la rebaptisant Place Georges Damas Aleka, la présidence a choisi de loger la mémoire nationale dans un espace de vie, pas dans un musée fermé. L'endroit est désormais pensé comme un lieu de transmission, où l'histoire du pays se raconte à ceux qui passent, sans qu'ils aient besoin d'aller la chercher ailleurs.
Né le 18 novembre 1902 à Libreville et mort le 4 mai 1982, Georges Damas Aleka n'a pas seulement signé les paroles de l'hymne national. Il a aussi présidé l'Assemblée nationale et s'est engagé tôt contre les discriminations raciales de son époque. Un parcours d'homme public que la plupart des Gabonais ignoraient, faute d'un lieu pour le raconter.
Une cérémonie entourée de chefs d'État
La cérémonie du 17 août s'est déroulée en présence de la famille du défunt, un détail qui donne à l'hommage sa dimension la plus simple et la plus juste : ce ne sont pas seulement des institutions qui se souviennent, mais des descendants qui voient leur aïeul honoré. Plusieurs chefs d'État étrangers avaient fait le déplacement pour la célébration du 66e anniversaire de l'indépendance, parmi lesquels le président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi, le président de la Gambie, Carlos Vila Nova, le président de Sao Tomé-et-Principe, Adama Barrow.
Cette présence internationale a donné à l'événement un relief particulier, à un moment où le Gabon célébrait sa souveraineté retrouvée il y a soixante-six ans. Pour les habitants de Libreville, ce nouveau monument sur le front de mer n'est pas qu'un symbole officiel : c'est un repère du quartier qui raconte désormais, à qui prend le temps de s'y arrêter, d'où vient l'hymne qu'ils chantent depuis toujours.
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