Économie

Libreville accueille le tout premier concours de plaidoirie OHADA

De jeunes juristes gabonais s'affrontent à l'oral pour défendre le droit des affaires, un enjeu qui dépasse largement les bancs de l'université.

Le 18 juillet, la capitale accueille la première édition du Concours national de l'As OHADA de la plaidoirie, organisé par le Club OHADA de l'EM Gabon – Université. Derrière cet exercice d'éloquence, un message clair : le droit des affaires n'est plus une matière poussiéreuse réservée aux avocats, mais un argument de poids pour convaincre les investisseurs de venir s'installer au Gabon.

Étudiants en toge plaidant devant un jury lors d'un concours universitaire
Illustration d'un concours de plaidoirie universitaire, exercice où les étudiants défendent un dossier fictif devant un jury.

Ce n'est pas un procès pour de vrai, mais les étudiants qui vont plaider à Libreville prennent l'exercice très au sérieux. Selon nos informations, le Club OHADA de l'EM Gabon – Université organise, le 18 juillet, la première édition du Concours national de l'As OHADA de la plaidoirie. Un nom un peu solennel pour une compétition qui met en scène de futurs juristes gabonais, appelés à défendre des dossiers imaginaires devant un jury, comme au tribunal.

L'OHADA, un sigle qui pèse plus qu'on ne le croit

Pour beaucoup de Gabonais, OHADA reste un acronyme mystérieux. Il désigne l'Organisation pour l'Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique, un traité signé par 17 pays, dont le Gabon, pour que les entreprises jouent selon les mêmes règles d'un pays à l'autre. Concrètement, un commerçant de Libreville et un investisseur de Dakar ou d'Abidjan se retrouvent soumis aux mêmes textes sur les contrats, les sociétés ou le recouvrement des dettes.

C'est ce socle juridique commun qui, sur le papier, doit rassurer les entreprises étrangères tentées de venir investir en Afrique centrale. Un cadre clair et prévisible, c'est souvent ce qui fait basculer une décision d'investissement d'un pays vers un autre.

Des étudiants qui plaident, un pays qui se prépare

En mettant en avant ce concours, l'école espère visiblement former une génération de juristes capables de maîtriser ces règles sur le bout des doigts. Car la connaissance du droit OHADA ne sert pas qu'aux futurs magistrats ou avocats : elle intéresse aussi les cabinets d'affaires, les banques et les entreprises qui négocient chaque jour avec des partenaires étrangers.

L'exercice de la plaidoirie, lui, a une vertu simple mais précieuse : il apprend à argumenter, à convaincre, à défendre un dossier avec rigueur devant un public exigeant. Des compétences qui, demain, pourraient servir à défendre les intérêts d'une entreprise gabonaise face à un partenaire international, ou à sécuriser un contrat d'investissement.

Ce que ça change, modestement, pour le Gabon

Un concours étudiant ne change pas, à lui seul, l'attractivité économique d'un pays. Mais il dit quelque chose du chemin parcouru : une partie de la jeunesse gabonaise s'intéresse désormais activement aux règles du jeu économique régional, plutôt que de les laisser aux seuls spécialistes.

Pour l'instant, une seule source évoque cette première édition, ce qui invite à rester prudent sur les détails de l'organisation, le nombre de participants ou la composition du jury. Mais l'initiative, si elle se confirme et se pérennise, pourrait devenir un rendez-vous annuel utile : un espace où se forme, plaidoirie après plaidoirie, la future génération de juristes d'affaires du pays.

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