Bénin : un an après son arrestation, des confrères réclament la libération d'un journaliste
Une cinquantaine de journalistes ouest-africains signent une tribune pour la libération de Hugues Comlan Sossoukpé, détenu depuis juillet 2025.
Il y a un an, le journaliste béninois Hugues Comlan Sossoukpé était arrêté en Côte d'Ivoire puis transféré au Bénin, où il se trouve toujours derrière les barreaux. Une cinquantaine de confrères de la région viennent de signer un texte commun adressé au président Romuald Wadagni pour demander sa libération, ainsi que celle d'un autre journaliste, Ali Moumouni.

Une arrestation qui remonte à un an
Le 10 juillet 2025, Hugues Comlan Sossoukpé est arrêté en Côte d'Ivoire. Il est ensuite envoyé vers le Bénin, où il reste détenu à ce jour, un an plus tard, selon nos informations. Aucune décision de justice définitive n'a, à notre connaissance, tranché son sort dans l'intervalle.
Son nom circule beaucoup dans les rédactions ouest-africaines depuis quelques jours, à l'occasion de cet anniversaire douloureux. Car derrière ce dossier, c'est toute une profession qui se sent concernée.
Qui est Hugues Comlan Sossoukpé ?
Avant son arrestation, l'homme dirigeait un média en ligne baptisé Olofofo. Il s'était fait connaître pour sa couverture critique des élections législatives béninoises de 2019, un scrutin resté dans les mémoires pour les tensions politiques qu'il avait suscitées au Bénin.
Ce passé de journaliste engagé, souvent en désaccord avec le pouvoir, est aujourd'hui rappelé par ses soutiens comme la toile de fond de son incarcération. Nous restons toutefois prudents : les motifs précis de sa détention n'ont pas été détaillés dans les éléments dont nous disposons, et la présomption d'innocence s'impose.
Un appel signé par des dizaines de plumes
C'est dans ce contexte qu'une cinquantaine de journalistes ouest-africains ont signé une tribune commune, appuyée par l'organisation Reporters sans frontières. Le texte s'adresse directement au président béninois Romuald Wadagni et réclame la libération de Hugues Comlan Sossoukpé, mais aussi celle d'un autre journaliste béninois, Ali Moumouni.
Ce type de mobilisation collective, rare par son ampleur régionale, traduit une inquiétude partagée bien au-delà des frontières du Bénin : celle de voir le métier de journaliste devenir, dans certains pays de la sous-région, un motif suffisant pour finir en prison.
Ce que ça dit de la liberté de la presse en Afrique de l'Ouest
Pour les rédactions gabonaises, ce dossier résonne au-delà de l'anecdote diplomatique. La liberté de la presse reste un sujet sensible dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et centrale, et chaque affaire de ce genre pèse dans la manière dont la région est perçue à l'international.
Au Gabon comme ailleurs, les journalistes suivent ce genre de dossier avec attention : ils y voient un test de la solidité des garanties données aux médias, mais aussi un rappel que la solidarité confraternelle peut peser dans la durée. La suite dépendra désormais de la réponse, ou du silence, des autorités béninoises face à cette tribune.
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