Politique

Bilie-By-Nze : sa défense relance le débat sur l'État de droit

À quelques jours du déplacement du président Oligui Nguema en France, les avocats de l'ex-Premier ministre incarcéré depuis trois mois haussent le ton contre la justice gabonaise.

Trois mois après son incarcération, l'ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze reste au cœur d'une bataille judiciaire qui déborde largement les prétoires. Ce mercredi, sa défense est repartie à la charge contre la justice et les autorités gabonaises, au moment même où le président de la République s'apprête à se rendre à Paris. Un calendrier qui, à Libreville, alimente déjà les conversations de trottoir.

Façade d'un bâtiment de justice à Libreville, illustration d'archive
L'affaire judiciaire concernant l'ancien Premier ministre reste pendante devant la justice gabonaise.

Une sortie calculée dans le temps

La défense de l'ancien chef du gouvernement n'a pas choisi cette date au hasard. Ce mercredi 15 juillet, à quelques jours seulement du départ du président Oligui Nguema pour la France, elle est revenue publiquement sur le dossier de son client, détenu depuis trois mois. Le message est clair : rappeler, à l'heure où le Gabon se présente sur la scène internationale, que la question de l'État de droit reste ouverte à la maison.

Pour les avocats, l'affaire dépasse le simple contentieux judiciaire. Ils y voient un test de crédibilité pour les institutions du pays, à un moment où celui-ci cherche à consolider son image auprès de ses partenaires européens.

Ce que dit, et ne dit pas, le dossier

À ce stade, aucune décision de justice définitive n'a été rendue dans cette affaire. Alain-Claude Bilie-By-Nze demeure, comme tout mis en cause, protégé par la présomption d'innocence. Sa défense conteste les conditions de sa détention et pointe ce qu'elle qualifie de manquements dans le traitement du dossier, sans que ces éléments aient, pour l'heure, été tranchés par une juridiction.

Ce genre de sortie publique, à la veille d'un déplacement présidentiel scruté à l'étranger, n'est jamais anodin. Elle place la justice gabonaise sous un projecteur qu'elle n'a pas choisi, et oblige chacun à se prononcer sur un dossier encore loin d'être clos.

Et pour les Gabonais, concrètement ?

Au-delà du feuilleton judiciaire, c'est la confiance dans les institutions qui se joue à chaque nouvelle prise de parole de ce type. Un ancien Premier ministre en détention, une défense qui monte au front, un président en voyage officiel : le pays observe, et attend surtout que la procédure suive son cours dans la sérénité, loin des calculs de calendrier. La suite se jouera devant les juges, pas sur les plateaux ni dans les communiqués.

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